RD Congo: le président Kabila à Sange sur les lieux de l'accident et deuil national

5 juillet 2010 à 10h27 par La rédaction

SANGE (RDCongo) (AFP)

Après avoir décrété dimanche un deuil national de 48 heures, le président de la RD Congo Joseph Kabila était en route lundi matin pour Sange, trois jours après l'explosion d'un camion-citerne qui a fait plus de 235 morts dans cette ville de l'est du pays.

Parti tôt en avion de Kinshasa, le chef de l'Etat est arrivé en milieu de matinée à Bukavu, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu, et était attendu peu après midi (10H00 GMT) à Sange, à 70 km au sud, ont indiqué à l'AFP des autorités provinciales déjà présentes sur place.

"C'est un grand événement.Depuis vendredi, beaucoup de gens ici ont peur, ils pensent aux morts.Avec la venue du chef de l'Etat, cela peut rendre confiance à la population", a déclaré à l'AFP John Kakozi, un étudiant de 22 ans, qui attendait le président.

Dans une déclaration lue dimanche à la radio télévision nationale, Joseph Kabila a décrété deux jours de deuil national à compter de lundi, "en mémoire des frères et soeurs ainsi brutalement arrachés à notre affection".

Certains drapeaux étaient en berne lundi matin à Kinshasa, notamment ceux des édifices publics.

 Le bilan de l'accident s'est alourdi à 238 morts, après le décès de plusieurs blessés, a indiqué à l'AFP Emmanuel Umbwe, membre d'une ONG locale à Sange.

La quasi-totalité des victimes, dont une soixantaine d'enfants et une trentaine de femmes, avaient été enterrées sur place dès samedi dans trois fosses communes.

Près de 200 personnes ont également été blessées dans l'explosion du camion-citerne, selon la Mission de l'ONU en RDC (Monusco).

Une centaine d'entre-eux sont soignés à Sange et près de 60 à Uvira, à une trentaine de kilomètres au sud.Une trentaine, certains brûlés au 3e ou 4e degré, avaient été acheminés samedi par des hélicoptères de l'ONU dans deux hôpitaux à Bukavu, le chef-lieu du Sud-Kivu, à 70 km au nord de Sange.

Plusieurs ministres devaient accompagner le président à Sange, notamment ceux de la Santé, de l'Intérieur et des Affaires sociales, qui sont depuis dimanche à Bukavu.

Le ministre de la Santé Victor Makwenge s'est rendu au chevet des blessés et a laissé une tonne de médicaments qu'il avait apportés avec lui.

Selon la radio Okapi, parrainée par l'ONU, l'hôpital d'Uvira manque de moyens et les blessés sont obligés d'acheter eux-mêmes les médicaments dans les pharmacies de la ville.

"A l'hôpital de Sange, il n'y a plus de médicaments", a affirmé M. Umbwe.

Vendredi vers 18H00 (16H00 GMT), un camion-citerne transportant environ 50.000 litres d'essence s'est renversé sur le bas-côté de la route qui traverse le centre de Sange, avant d'exploser et de prendre feu.

Des habitants qui récupéraient l'essence s'échappant du camion, et d'autres réunis dans une salle pour regarder le Mondial de football, ont été brûlés vifs et une vingtaine d'habitations de cette agglomération d'environ 50.000 habitants ont été détruites par le feu.

Selon M. Umbwe, le camion se serait renversé sur la chaussée en voulant dépasser un véhicule stationné sur la route, qui est en bon état à cet endroit mais très étroite.

Les causes exactes de l'explosion ne sont pas encore connues.

Dans sa déclaration, le président Kabila a demandé au gouvernement "d'élucider rapidement les circonstances de ce drame et de prendre toutes les mesures permettant d'éviter que cela ne se reproduise à l'avenir".

Lundi matin, la carcasse calcinée du camion-citerne gisait toujours sur la chaussée, couchée sur son flanc gauche, selon M. Umbwe.