RDC: l'ONU "alarmée" par des exécutions présumées d'enfants à Kinshasa

27 novembre 2013 à 17h45 par La rédaction


Kinshasa (AFP)

L'Unicef et la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo se sont déclarés mercredi "alarmés" par des allégations d'exécutions extrajudiciaires de jeunes et d'enfants à Kinshasa, où la police mène une vaste opération "coup de poing" contre les délinquants.

Cette inquiétude est née après qu'ils ont "reçu, au cours de ces derniers jours, des rapports préoccupants faisant état de la disparition et de l'assassinat de jeunes hommes et d'enfants dans certaines communes de Kinshasa", a déclaré à la presse Carlos Araujo, porte-parole intérimaire de la Mission de l'ONU (Monusco).

"Selon les informations reçues qui sont en cours de vérification, au moins une vingtaine de personnes, dont 12 enfants, auraient été tuées.L'Unicef et la Monusco demandent que des mesures immédiates soient prises par les autorités congolaises, afin de mettre fin à ces actes", a-t-il ajouté.

"Des policiers et autres agents de sécurité non autrement identifiés ont été mobilisés en vue de traquer, arrêter, torturer et parfois exécuter en public" les bandits présumés, écrit dans un communiqué le Réseau national des ONG des droits de l'Homme de la RDC (Renadhoc), qui estime à "plusieurs dizaines" le nombre de victimes.

"Les opérations de la PNC (police nationale congolaise) se déroulent principalement la nuit, après que des informations concernant les kuluna (jeunes voyous, ndlr) ont été rassemblées pendant la journée", indique une note de sécurité de l'ONU transmise au personnel de l'organisation, qui conseille aux employés d'"éviter de se déplacer dans les zones non éclairées".

"Le gouvernement est appelé à éradiquer la criminalité urbaine (...) en utilisant les moyens et méthodes qui respectent les droits de l'Homme", et les délinquants "doivent être arrêtés, traduits en justice et condamnés à des peines proportionnelles à leurs actes de gangstérisme répréhensibles", a plaidé le Renadhoc.

L'Unicef et la Monusco appellent également à ce que des enquêtes soient menées et que les responsables de ces exactions soient jugés.

Même requête chez le Renadhoc, qui demande en plus la création d'une "commission indépendante d'enquête sur les cas avérés d'exécutions sommaires" et la mise en place de "programmes cohérents" de réinsertion sociale.

Les rapports d'exécutions et de disparitions coïncident "avec le début de l'opération Likofi (Coup de poing, en lingala), lancée le 15 novembre 2013 pour une durée de trois mois par les autorités congolaises, afin de juguler la délinquance urbaine", a souligné le porte-parole de la Mission de l'ONU.

La police de Kinshasa a lancé cette opération pour combattre le banditisme de jeunes dés�?uvrés appelés "kuluna", qui depuis des années volent, agressent et tuent des habitants de la capitale congolaise.

Des habitants affirment que la police s'est livrée à plusieurs exécutions de kuluna présumés.Le colonel Mwana Mputu, chef de la cellule médias de l'opération, a formellement démenti mardi à l'AFP ces allégations, et souligné que s'il y avait "dérapage" il y aurait des "sanctions".