Retour de Bemba en RDC: son parti dénonce "un déni de droit"

Par AFP

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Le parti de l'ex-chef de guerre et ex-vice président congolais Jean-Pierre Bemba a dénoncé "un déni de droit" de la part des autorités dans l'organisation de son retour mercredi à Kinshasa après onze ans d'absence de République démocratique du Congo.

"Les autorités politiques ont interdit que lui soit réservé un accueil au pied de l'avion. Son véhicule ne devra pas rouler à une vitesse de moins de 40 km/h, sinon la police nationale sera obligée de faire usage de gaz lacrymogène ou tout autre outil à sa disposition pour disperser la population", a dénoncé dans un communiqué le Mouvement de libération du Congo (hMLC).Arrivant de Bruxelles, M. Bemba a atterri vers 8h30 GMT à l'aéroport de N'Djlili. Il a commencé à saluer la foule au niveau de l'aéroport depuis une Mercedes décapotable qui roule doucement, a constaté une journaliste de l'AFP.La foule a commencé à se rassembler aux abords de l'aéroport et sur les boulevards Lumumba et Triomphal, dans Kinshasa, d'après des témoignages recueillis par l'AFP.Le MLC accuse aussi les autorités d'empêcher M. Bemba d'accéder à la résidence familiale qu'il voulait rejoindre "car c'est un périmètre présidentiel". Elle se trouve près de la résidence du chef de l'Etat Joseph Kabila.Le MLC dénonce "ce déni de droit d'un citoyen pourtant libre de rentrer tranquillement dans son pays", et même "la maltraitance que subit le sénateur Jean-Pierre Bemba".M. Bemba a déclaré qu'il voulait présenter dès jeudi sa candidature à l'élection présidentielle prévue le 23 décembre pour organiser la succession du président Kabila à qui la Constitution interdit de se représenter.Après dix ans de prison, l'ex-chef de guerre qui a régné à la fin des années 1990 sur le nord-ouest de la RDC a été acquitté de crimes de guerre et crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI).Il avait été condamné en 2016 à 18 ans de prison pour des exactions commises par sa milice en Centrafrique au début des années 2000. Le parquet de la CPI a requis cinq ans de prison dans une affaire annexe de subornation de témoins.