Somalie: 2,5 millions de personnes risquent la famine

Par La rédaction

NEW YORK (Nations unies) (AFP)

Le nouveau Premier ministre de Somalie a déclaré vendredi au Conseil de sécurité de l'ONU que son gouvernement était en train de gagner la guerre contre les militants islamistes et que 2,5 millions de personnes étaient menacées de famine en raison de la sécheresse.

Mohamed Abdullahi Mohamed, un Américano-somalien qui a pris les rênes du pouvoir il y a cinquante jours dans cet Etat de la Corne de l'Afrique, a expliqué que les forces somaliennes et les troupes de l'Union africaine "gagnent la bataille de la sécurité" face aux milices Shebab.

"Graduellement et pas à pas, l'espace sécurisé à Mogadiscio croît chaque jour", a souligné M. Mohamed au Conseil de sécurité qui a donné son appui total à son gouvernement de transition.

Il a affirmé qu'environ 60% de la capitale était maintenant sous le contrôle du gouvernement et que 80% de la population vivait dans ces zones.

Il a ajouté que les 4.000 troupes supplémentaires qui ont été promises à la mission de l'Union africaine (Amisom) auraient "un impact considérable".

L'Ouganda et le Burundi ont offert de fournir les troupes additionnelles qui porteront les effectifs de l'Amisom à 12.000 hommes, ont indiqué des diplomates.

Le gouvernement somalien agit aussi pour renforcer ses propres troupes et près de 1.000 hommes vont revenir prochainement d'un entraînement spécial mené par des experts de l'Union européenne en Ouganda.

"En outre, nous commençons à voir une hausse du nombre des jeunes combattants Shebab qui se rendent au gouvernement et aux forces de l'Amisom", a-t-il indiqué.

Les observateurs soulignent que les Shebab contrôlent encore de grandes parties du territoire de la Somalie qui connaît la guerre civile depuis deux décennies.

Le Premier ministre a aussi averti d'une nouvelle menace de sécheresse.

"Près de 2,5 millions de personnes sont au bord de la famine et si nous ne leur apportons pas un soutien immédiat, il y aura pour sûr une situation catastrophique", a-t-il dit.

Une sécheresse en 1992 a tué quelque 500.000 personnes et M. Mohamed a insisté sur le fait qu'une action internationale urgente était nécessaire pour éviter une répétition de ce scénario.