Somalie: Paris veut une résolution de l'ONU sur la piraterie

Par La rédaction

PARIS (AFP)

La France a souhaité mercredi une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la base du rapport de l'ex-ministre français Jack Lang qui a proposé notamment la mise en place d'une cour somalienne extraterritoriale pour juger les pirates arrêtés dans l'océan Indien.

L'ancien ministre français, chargé d'une mission sur la piraterie par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en août dernier, a remis lundi un rapport dans lequel il fait 25 propositions pour mieux lutter contre la piraterie.

"La France soutient les propositions du conseiller spécial et appelle à leur mise en ouvre rapide.Il appartient maintenant au Conseil de Sécurité de se saisir du rapport et d'agir en adoptant une résolution.La France soutiendra activement les efforts du Conseil en ce sens dans les prochaines semaines", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Bernard Valero.

Dans son rapport, M. Lang préconise la création "d'une cour spécialisée somalienne extraterritoriale", qui pourrait être localisée à Arusha, en Tanzanie.Il propose aussi de renforcer les structures juridiques et pénitentiaires du Puntland et du Somaliland, régions autoproclamées autonomes et relativement stables du nord du pays en guerre depuis 1991, avec la mise en place dans un délai de huit mois de deux juridictions spécialisées.

"Ces recommandations sont réalistes et durables.Elles s'ajoutent aux dispositifs de coopération juridictionnelle et pénitentiaire qui fonctionnent déjà avec un certain nombre d'Etats de la région, et pour lesquels le soutien international devra être renforcé", a poursuivi M. Valero.

Les pirates somaliens ont capturé près de 2.000 otages et ont perçu des rançons allant jusqu'à 9,5 millions de dollars pour des bateaux dont ils ont pris le contrôle depuis 2008, en dépit de la présence dans l'océan Indien de nombreuses marines internationales.

Environ sept pirates appréhendés sur dix sont libérés faute de preuves suffisantes et de pays prêts à les juger et les incarcérer.

Le coût total des mesures préconisées par M. Lang est évalué à moins de 25 millions de dollars sur trois ans.La piraterie coûte entre 7 et 12 milliards de dollars par an à la communauté internationale, selon le rapport.