Soudan: deux morts parmi les manifestants à Khartoum (police)

Par AFP

AFRICA RADIO

Deux manifestants ont été tués jeudi à Khartoum lors d'une nouvelle journée de manifestations contre le pouvoir d'Omar el-Béchir, a indiqué vendredi à l'AFP le général Hashim Abdelrahim, porte-parole de la police.

Des centaines de manifestants sont descendus jeudi dans les rues de plusieurs villes et villages au Soudan, notamment à Khartoum, la capitale, et à Omdourman, ville voisine, pour réclamer la démission du président Béchir au pouvoir depuis trois décennies.La police a dispersé plusieurs marches en direction du palais présidentiel et fait usage de gaz lacrymogène.Le bilan officiel de la contestation est désormais de 30 morts. Des ONG comme Human Rights Watch et Amnesty International ont pour leur part évoqué plus de 40 morts."Il y a eu plusieurs rassemblements illégaux dans différents Etats et dans plusieurs zones de celui de Khartoum", a ajouté le général Abdelrahim sans préciser les causes de la mort des deux manifestants. Tard jeudi, un haut responsable soudanais avait rapporté la mort d'un manifestant au cours d'un rassemblement à Omdourman. De son côté, un comité de médecins lié à l'Association des professionnels soudanais, à la tête de la contestation, avait indiqué que deux manifestants avaient été tués jeudi. Le manifestant à Omdourman a été tué par des balles réelles et un autre manifestant est décédé en détention, a-t-il dit sans autre précision. Selon le porte-parole de la police, plusieurs personnes ont été arrêtées vendredi et accusées de "troubles à l'ordre public". Un homme qui portait un pistolet dans une manifestation a également été détenu par la police, selon la même source. Une voiture "équipée d'un système de communication à longue distance" a été saisie, a-t-il ajouté. Depuis le 19 décembre, le Soudan est secoué par un mouvement de protestations engendré par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain. Les manifestations se sont rapidement transformées en mouvement antigouvernemental pour demander la démission du président Béchir, arrivé au pouvoir après un coup d'Etat soutenu par les islamistes en 1989.