Soudan du Sud: la société civile veut peser pour la formation d'un gouvernement d'union nationale

Par AFP

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Des associations de la société civile ont lancé lundi au Soudan du Sud une campagne destinée à faire pression sur les anciens belligérants, qui ont jusqu'ici échoué à former un gouvernement d'union nationale.

L'accord de paix signé en septembre 2018 entre gouvernement et rebelles est une tentative pour mettre fin à près de six ans d'un conflit particulièrement sanglant. Il a souffert de plusieurs gros retards.Le Forum de la société civile, une coalition d'une centaine d'associations, a décidé de marquer à Juba le lancement d'un compte à rebours des 90 jours avant la date limite à laquelle ce gouvernement doit être constitué."Il ne nous reste plus beaucoup de temps. Beaucoup de choses restent à accomplir, on ne peut pas se contenter de continuer comme avant", a expliqué à l'AFP Geoffrey Lou Duke, un membre du Forum.Les parties en présence, pouvoir et rebelles, ont déjà manqué une première date limite pour former un gouvernement, en mai.Pour les membres de la coalition, peu de progrès ont été réalisés depuis.Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013 lorsque le président Salva Kiir, un Dinka, a accusé Riek Machar, son ancien vice-président et membre de l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'État.Le conflit, marqué par des atrocités et le recours au viol comme arme de guerre, a fait plus de 380.000 morts selon une étude récente, et poussé plus de quatre millions de Sud-Soudanais, soit près d'un tiers de la population, à quitter leurs foyers.L'accord de paix conclu en septembre 2018 a entraîné une forte décrue des combats, même s'ils n'ont pas complètement cessé. Cet accord prévoyait la formation d'un gouvernement transitoire d'union nationale au plus tard le 12 mai.Mais la formation de ce gouvernement a été repoussée à novembre, un délai devant notamment permettre de procéder au cantonnement des combattants et à leur intégration dans une armée unifiée, un des points clés de l'accord de paix.Le coût de ces mesures pourrait atteindre 285 millions de dollars, mais seuls 10 millions ont jusqu'à présent été provisionnés.M. Machar est en exil après avoir dû fuir Juba en 2016 sous les tirs de l'armée de M. Kiir suite à l'échec d'un précédent accord de paix qui avait entraîné de violents affrontements entre leurs forces.