Soudan: libération en appel d'un réalisateur condamné à deux mois de prison

Par AFP

AFRICA RADIO

Le réalisateur soudanais Hajooj Kuka et quatre autres artistes condamnés mi-septembre à deux mois de prison pour "nuisance sonore", ont été libérés jeudi par la cour d'appel de Khartoum, selon leur avocat.

"Hajooj Kuka, Doaa Tarig --la seule femme du groupe à avoir été arrêtée-- et trois autres personnes ont été libérés par la cour d'appel", a annoncé à l'AFP l'avocat Othman al-Basri.Ils avaient tous été condamnés le 16 septembre à la même peine de prison et à une amende.L'avocat a précisé que le cas des six autres artistes arrêtés avec eux serait examiné en appel lundi."Grande nouvelle. Hajooj et quatre autres artistes viennent d'être libérés. La pression internationale a payé", s'est réjoui sur Twitter Steven Markovitz, producteur du réalisateur. "Il en reste six autres qui attendent leur procès en appel et il y a beaucoup de gens qui sont détenus arbitrairement au Soudan".M. Markovitz avait lancé peu après ces condamnations un appel sur Twitter, dénonçant des "accusations fallacieuses": "Ecrivez à l'ambassade soudanaise de votre pays pour demander leur libération".Ces artistes, très engagés dans le mouvement ayant fait chuter l'autocrate Omar el-Béchir en avril 2019, avaient été condamnés pour "nuisance sonore" et violation du couvre-feu imposé pour contenir le nouveau coronavirus.M. Kuka, dont plusieurs oeuvres ont été présentées aux festivals de Venise et de Toronto, a réalisé le documentaire "Beats of the Antonov" (2014) qui a obtenu le prix du meilleur documentaire au festival de Toronto.Il a aussi réalisé la fiction "aKasha", projetée au festival de Venise en 2018, et a intégré cette année l'Académie décernant les Oscars.Selon la militante soudanaise Tahani Abbas, la police a arrêté le 10 août ces onze personnes qui répétaient une pièce de théâtre, à la suite d'une plainte de voisins. Doaa Tarig "a été giflée par un officier de police" durant son interpellation, avait affirmé cette militante.sk-ab/elm