Soudan: tirs de gaz lacrymogène contre des manifestants à Khartoum

Par AFP

AFRICA RADIO

Les forces anti-émeutes soudanaises ont tiré des gaz lacrymogènes mardi sur des manifestants antigouvernementaux dans la capitale Khartoum, à la suite d'un nouvel appel à protester contre le président Omar el-Béchir, ont indiqué des témoins à l'AFP.

Des hommes et des femmes scandant "paix, justice, liberté" ou "Nous sommes des combattants, nous mènerons à bien notre mission", se sont rassemblés dans le quartier d'affaires d'El-Kalakla, dans le sud de Khartoum, avant que la police ne les disperse à tirs de gaz lacrymogènes.

Un mouvement de contestation a débuté le 19 décembre au Soudan après la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, dans un pays en plein marasme économique.

Les manifestations se sont rapidement transformées en une contestation du pouvoir d'Omar el-Béchir, qui dirige le pays d'une main de fer depuis 1989. 

Vingt-quatre personnes sont mortes depuis le début du mouvement, selon un bilan officiel.Les ONG Human Rights Watch et Amnesty International parlent elles d'au moins 40 morts.

Des renforts ont été déployés pour épauler la police anti-émeutes dans plusieurs quartiers de Khartoum, ainsi que dans la ville jumelle d'Omdourman, après l'appel à de nouvelles manifestations mardi.

A l'initiative des protestations, l'Association des professionnels soudanais, qui regroupe notamment médecins, professeurs et ingénieurs, a appelé une "semaine de soulèvement".

Environ 1.000 personnes dont des militants, des leaders de l'opposition et des journalistes, ont été arrêtées dans différentes villes du Soudan en quatre semaines de manifestations, selon des groupes de défense des droits humains. 

Lundi, M. Béchir a assuré que la contestation ne parviendrait pas à bout du pouvoir.

Amputé des trois quarts de ses réserves de pétrole depuis l'indépendance du Soudan du Sud en 2011, le pays est confronté à une inflation de près de 70% par an. Plusieurs villes souffrent de pénuries de pain et de carburant.