Soudans: Kiir et Béchir se rencontrent et participent au Conseil de paix de l'UA

25 janvier 2013 à 17h47 par La rédaction

ADDIS ABEBA (AFP) - (AFP)

Les présidents soudanais Omar el-Béchir et sud-soudanais Salva Kiir se sont rencontrés vendredi à Addis Abeba pour la troisième fois depuis septembre, pour tenter de régler les différends subsistant entre leurs pays, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un peu moins de deux heures de discussions ils ont rejoint un sommet du Conseil de Paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) qui devait se pencher sur les difficiles relations qui ont conduit leurs deux Etats au bord de la guerre au printemps 2012, ainsi que sur la situation au Mali qui dominera le Sommet des chefs d'Etat de l'UA dimanche et lundi à Addis Abeba.

 "Nous n'avons pas encore terminé", a simplement déclaré à l'AFP Salva Kiir, à l'issue de son entretien avec son homologue soudanais, n'excluant pas un nouvelle rencontre durant leur séjour à Addis Abeba.

Le commissaire de l'UA à la Paix et la Sécurité, Ramtane Lamamra, a dit "espérer des avancées" de cette rencontre."Les avancées peuvent être décisives, elles peuvent être modestes", a-t-il reconnu.

"L'important c'est de garder le cap puisque chaque fois que les deux chefs d'Etat se sont rencontrés ici à Addis Abeba il y a eu une décrispation (...) des arbitrages positifs qui ont eu pour effet de donner une chance à la progression des négociations", a-t-il estimé.

"Il faut de la patience, il faut de la persévérance", a-t-il reconnu.

Selon un membre de la délégation sud-soudanaise, les deux dirigeants devaient discuter de "toutes les questions encore en suspens" depuis l'accord de paix signé par Juba et Khartoum en 2005.

Cet accord avait mis fin à des décennies de guerre civile et a débouché en 2011 sur l'indépendance du Soudan du Sud.Mais de nombreux dossiers - tracé de la frontière commune, partage de la manne pétrolière ou statut de la région, disputée, d'Abyei - continuent d'empoisonner les relations entre les deux capitales.

En septembre, MM.Kiir et Béchir avaient signé une série d'accords qui n'ont pour l'heure pas connu un début de mise en oeuvre.

Sur le Mali, le CPS devait se pencher sur l'intervention en cours et sur "le défi logistique que constitue le déploiement de la Misma (Mission internationale de soutien au Mali).

"Aujourd'hui, très clairement nous nous dirigeons vers une force africaine continentale.La contribution apportée par le gouvernement français est limitée dans le temps", a souligné M. Lamamra.

Mais, dans le même temps, a-t-il ajouté, "il y a besoin de parler politique" et de "poser les bases d'un règlement politique au Mali", en prévision de l'après-phase militaire visant à chasser les groupes islamistes de la moitié nord du pays dont ils ont pris le contrôle depuis mi-2012 et à stabiliser le pays.

"On n'attend rien de la réunion du CPS" concernant le Mali, "tout a déjà été fait par la France", a de son côté déclaré à l'AFP un haut responsable d'un pays sahélien.

"Nous sommes très satisfaits de l'intervention de la France (...) c'est un échec pour l'Afrique, mais on est habitués et sinon rien n'aurait été fait", a-t-il estimé.