Tanzanie: au moins 2 morts dans l'effondrement d'un immeuble en construction

29 mars 2013 à 13h30 par La rédaction

DAR ES SALAM (AFP) - (AFP)

Au moins deux personnes ont été tuées et des dizaines étaient portées disparues vendredi à Dar es Salaam, capitale économique de la Tanzanie, dans l'effondrement d'un immeuble en construction, annoncé le chef local de la police au président Jakaya Kikwete.

"Les opérations (de secours) se poursuivent.Nous avons jusqu'ici réussi à retrouver 19 personnes: deux d'entre elles étaient déjà mortes, deux sont grièvement blessées et les autres vont bien", a expliqué, en présence d'un journaliste de l'AFP, le chef de la police de Dar es Salaam, Suleiman Kova, au président tanzanien.

Le préfet de la région, Saidi Mecky Sadiky, avait auparavant indiqué à l'AFP qu'une "soixantaine de personnes se trouvaient sur le site, principalement des ouvriers, mais aussi des enfants qui jouaient et des vendeuses de rue", lorsque le bâtiment s'est effondré.

Aucun corps ou survivant n'a semble-t-il été retrouvé au cours des trois dernières heures.

"Il est trop tôt pour déterminer la cause exacte de l'accident, mais le propriétaire de l'immeuble devra assumer ses responsabilités", a également dit M. Kova au président Kikwete.Il lui a confirmé qu'une soixantaine de personnes pourraient avoir été ensevelies quand l'immeuble s'est écroulé.

"Mes prières à ceux touchés par l'effondrement de l'immeuble dans le centre de Dar es Salaam ce matin", a tweeté le président Kikwete, peu après avoir visité le site.

L'immeuble comptait une quinzaine d'étages et s'est écroulé vendredi vers 08H45 (05H45 GMT) dans le quartier commerçant et des affaires de Dar es Salaam, a indiqué un témoin à l'AFP sur les lieux de l'accident.

"J'ai cru à un tremblement de terre (...) puis j'ai entendu crier, le bâtiment entier s'est effondré", a raconté à l'AFP un témoin, Musa Mohamed.

Le quartier où a eu lieu la catastrophe abrite à la fois des bâtiments résidentiels et des bureaux.Normalement très animé dès le début de la matinée, il était relativement peu fréquenté en ce Vendredi saint, férié en Tanzanie.

Des centaines de personnes se sont précipitées sur les lieux, rejoints rapidement par des policiers, pompiers et secouristes de la Croix-Rouge qui ont commencé à s'attaquer à l'amoncellement de débris de béton, de fer et de bois entremêlés sur une dizaine de mètres de hauteur.

Quatre grues étaient également déployées en début d'après-midi pour participer aux opérations.

Badauds et proches de possibles victimes s'inquiétaient de la lenteur des opérations de secours.

"Mes enfants viennent habituellement jouer ici les dimanche et jours de vacances.Je ne sais pas s'ils sont coincés eux aussi", a déclaré Elizabeth Richard, une habitante du quartier, à l'AFP.

"C'est une colline de décombres, ici.Ca va prendre de nombreuses heures avant que nous puissions accéder aux endroits où des gens sont soupçonnés être coincés", a expliqué un policier Lameck Kundya.

Les témoins attribuaient l'accident au non-respect des réglementations, alors que la ville connaît un boom immobilier."Il semble que les autorités municipales ne font pas respecter sérieusement les règles en matière de construction et de logement.On voit désormais des chantiers partout", estimait Rachid Abdallah, un habitant.

Au moins quatre personnes avaient déjà été tuées et plusieurs blessées en juin 2008 dans l'effondrement d'un immeuble en construction à Dar es-Salaam.