Tunisie: Ennahdha se dit prêt à une "autocritique"

5 août 2021 à 12h15 par AFP

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Le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, principale force parlementaire en Tunisie, s'est dit prêt à une "autocritique" et à un changement de politique, onze jours après le coup de force du président Saied, qui a suspendu l'Assemblée dans un contexte de défiance entre les députés.

Le 25 juillet, M. Saied a annoncé la suspension des activités du Parlement pour un mois et le limogeage du chef du gouvernement Hichem Mechichi, face à un fort mécontentement populaire en pleine crise sociale et sanitaire. Le Conseil consultatif du parti (Choura) Ennahdha, réuni mercredi en session extraordinaire pour discuter de la situation, a souligné dans un communiqué jeudi, "la nécessité pour le mouvement Ennahdha de mener une autocritique approfondie de ses politiques".Il s'est engagé à "procéder aux révisions et renouvellements nécessaires de ses programmes et des structures directrices" du parti.Il dit aussi "comprendre la colère de la population, notamment les jeunes, en raison d'un échec économique et social" ces 10 dernières années, pendant lesquelles Ennahdha a participé à quasi toutes les coalitions parlementaires.Estimant que toute la classe politique est responsable de cet échec, il a invité le parti à présenter des excuses pour les erreurs commises durant cette période, selon le communiqué.Réagissant à la décision du président Saied de s'octroyer le pouvoir exécutif et de suspendre le Parlement, le conseil de la Choura d'Ennahdha a appelé également à "un retour rapide" du pays "à la situation constitutionnelle normale et à lever la suspension" des activités du Parlement. Ennahdha avait dénoncé il y a dix jours un "coup d'Etat" menaçant, selon lui, la démocratie. Mais dans son communiqué jeudi, le Conseil de Choura affirme qu'Ennahdha était prêt à "interagir positivement" avec M. Saied pour "dépasser les obstacles et "reprendre le processus démocratique".Le Conseil a appelé à la présentation rapide du nouveau gouvernement "pour obtenir l'approbation du Parlement".