Tunisie: la justice dissout le RCD, le parti de Ben Ali

9 mars 2011 à 9h33 par La rédaction

TUNIS (AFP)

Le tribunal de première instance de Tunis a annoncé mercredi la dissolution du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de l'ex-président Ben Ali, provoquant une explosion de joie dans la salle.

"Le tribunal de 1ère instance de Tunis a décidé de dissoudre le Rassemblement constitutionnel démocratique et de liquider ses biens et ses fonds" par le biais du ministère des finances, précise le jugement qui a été accueilli par une clameur gigantesque des centaines de personnes présentes dans la salle.

Se mêlant à l'hymne national, les slogans ont fusé immédiatement: "RCD dégage!", "Tunisie libre!", "ô martyrs, nous poursuivons la lutte".

Des avocats en robe et des jeunes enroulés dans le drapeau national s'étaient mêlés à la foule qui grossissait à vue d'oeil aux abords du bâtiment.

Le tribunal avait commencé à examiner la semaine dernière l'action intentée par le ministère de l'Intérieur.

A l'ouverture du procès son avocat, Me Faouzi Ben Mrad, avait réclamé "la dissolution du RCD et la saisie de ses biens à l'intérieur et à l'extérieur du pays, qu'il avait acquis en spoliant l'argent du peuple".

Déjà suspendu le 6 février de toute activité et réunions, le RCD revendiquait plus de deux millions d'adhérents pour 10 millions d'habitants.

Depuis la fuite du président le 14 janvier, les Tunisiens n'avaient cessé de manifester pour réclamer la dissolution de ce parti symbole de l'état-policier durant les 23 ans de régime de Ben Ali.

Six jours après la chute du régime, le gouvernement transitoire de Mohammed Ghannouchi avait annoncé le 20 janvier que l'Etat allait prendre possession des "biens mobiliers et immobiliers" du RCD et procéder à la séparation de l'Etat et du RCD.

Son imposant siège au coeur de Tunis avait été l'une des premières cibles symboliques de la révolution qui devait emporter le régime et son chef.

Le RCD avait été fondé le 27 février 1988 par Zine El Abidine Ben Ali sur les restes du Néo-Destour, qui avait conduit le pays à l'indépendance sous la houlette du président Habib Bourguiba.

Quatre jours après sa fuite en Arabie saoudite, l'ex-président Ben Ali avait été radié à la tête du RCD, mais n'avait pas été remplacé.

Lors de la présidentielle de 2009, le "candidat Ben Ali" avait remporté 89,62% des suffrages.

Membre de l'Internationale socialiste depuis 1989, le RCD en a été exclu le 17 janvier à la demande des socialistes français.