Un journaliste burundais arrêté par les services secrets de son pays

29 novembre 2011 à 13h42 par La rédaction

BUJUMBURA (AFP) - (AFP)

Un journaliste burundais, correspondant pour Radio France Internationale (RFI) en swahili, a été arrêté par les services secrets de son pays qui lui reprocheraient d'avoir rencontré, en Tanzanie, les membres d'une nouvelle rébellion, a appris l'AFP de sources concordantes mardi.

Hassan Ruvakuki, également employé de la radio privée locale Bonesha fm+, "a été arrêté hier après-midi par les services secrets burundais et la police et a été incarcéré à un endroit tenu secret jusqu'ici, après une perquisition de son domicile," a affirmé le directeur de cette station, Patrick Nduwimana.

"Le Service national de renseignement (SNR) le poursuit pour collaboration avec une bande armée, il lui reproche d'avoir interviewé les membres d'une nouvelle rébellion basée en Tanzanie il y a quelques semaines", a-t-il poursuivi.

Dénonçant une "arrestation arbitraire", le responsable a estimé que le journaliste n'avait "fait que son métier".

Le porte-parole du SNR, Télesphore Bigirimana, a confirmé à l'AFP l'arrestation du journaliste, précisant qu'il était "interrogé sur la nature de ses relations avec le chef d'un soi-disant groupe rebelle qu'il est allé voir en Tanzanie durant le week-end du 18 au 21 novembre".

"Ses compagnons de voyage qui ont été arrêtés l'ont dénoncé et tout montre qu'il y est allé pour des motifs personnels et non professionnels", a accusé M. Bigirimana.

Les services secrets burundais ont refusé de préciser le lieu de détention de M. Ruvakuki.Des sources concordantes ont cependant assuré à l'AFP qu'il avait été acheminé dans le camp de Mutukura, dans la province de Cankuzo (est du Burundi), pour y être interrogé en compagnie de rebelles présumés.

Selon des sources officielles burundaises, des affrontements ont opposé la semaine dernière les membres de cette nouvelle rébellion en provenance de Tanzanie et les forces de l'ordre dans les provinces de Ruyigi et Cankuzo.

La multiplication des violences au Burundi fait craindre à de nombreux observateurs une reprise des hostilités à plus grande échelle dans ce pays marqué par une longue guerre civile qui a fait près de 300.000 morts entre 1993 et 2006.