Un processus électoral émaillé de violences en RDC

Par La rédaction

KINSHASA (AFP) - (AFP)

Voici un rappel des principaux événements en République démocratique du Congo, où la fin de campagne électorale et le double scrutin présidentiel et législatif, fin novembre, ont été marqués de violences meurtrières.

--SAMEDI 26 NOVEMBRE--

- La campagne électorale s'achève dans la violence et la confusion: les autorités interdisent les meetings dans la capitale après des violences qui ont fait deux morts, selon les autorités, une dizaine selon l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, opposition).

- Le leader d'opposition Etienne Tshisekedi, chef de l'UDPS et candidat à la présidentielle, est bloqué huit heures par la police à l'aéroport de Kinshasa à son retour de province.

--DIMANCHE 27--

- M. Tshisekedi ne réussit pas à mobiliser ses partisans à Kinshasa pour un meeting auquel il avait appelé malgré la fin de la campagne.Il demande le rappel du chef de la mission de l'ONU (Monusco), accusé d'"amitiés" avec le pouvoir.

--LUNDI 28--

- Les Congolais se rendent aux urnes pour élire le président et 500 députés.Onze candidats, dont le président sortant Joseph Kabila, briguent la magistrature suprême.

- A Lubumbashi (Katanga, sud-est), deux policiers et une électrice sont tués dans l'attaque d'un bureau de vote.Un convoi chargé de matériel électoral est la cible d'une attaque dans laquelle sept à huit assaillants sont tués par la police.

- A Kananga (Kasaï occidental1, centre), des bureaux de vote sont incendiés après la découverte d'urnes contenant des bulletins avant le début du vote.

- Tshisekedi, empêché dans un premier temps de voter par la police, réussit à le faire dans un autre bureau de la capitale.

- Les Etats-Unis déplorent "dans les termes les plus forts la violence".

--MARDI 29--

- Trois candidats à la présidentielle, dont l'opposant Léon Kengo, président du Sénat, demandent l'annulation des scrutins en dénonçant des "irrégularités" et des "fraudes".

- Le président de la Commission électorale (Céni) estime qu'il n'y a "rien" pour les annuler.

- La France condamne "les incidents très graves et très nombreux".

--MERCREDI 30--

- L'UDPS "dénonce les fraudes et les violences qui ont émaillé le processus ces trois derniers jours", mais ne demande pas l'annulation du scrutin.

- Le secrétaire général de la Majorité présidentielle (MP) affirme que Tshisekedi et son parti sont dans un "schéma insurrectionnel".

- La mission d'observation du Centre Carter relève des incidents dans beaucoup de bureaux de vote.

--JEUDI 1ER DECEMBRE--

- La mission d'observation électorale de l'UE relève des irrégularités.

- La Haut Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU déplore les violences électorales.

--VENDREDI 2--

- La Céni décide d'annoncer des résultats partiels, quatre jours avant la date prévue.

- Kabila et Tshisekedi devancent nettement les neuf autres candidats à la présidentielle selon un décompte portant sur 15% des quelque 64.000 bureaux de vote.

- Selon l'ONG Human Rights Watch (HRW) au moins 18 civils ont été tués et une centaine grièvement blessés principalement par les forces de sécurité entre le 26 et le 28 novembre.

- L'UE insiste sur la nécessité de mener "dans la transparence" le dépouillement et la publication des résultats du double scrutin.

- La Suisse, qui préside la conférence ministérielle de la Francophonie, déplore "les violences" électorales en RDC, qui accueillera les 13 et 14 octobre 2012 le prochain sommet de l'organisation.

- Le Conseil de sécurité de l'ONU prend note "avec inquiétude" des "difficultés logistiques et techniques" durant des scrutins et appelle toutes les parties au calme.

- Les autorités ordonnent dans la soirée aux opérateurs de téléphonie la suspension de la diffusion de SMS "jusqu'à nouvel ordre" à Kinshasa.

--SAMEDI 3--

- Tshisekedi lance une mise en garde à Kabila et dénonce les premiers résultats partiels de la Céni.Il demande aux Congolais à "rester vigilants" et annonce qu'"en cas de besoin" il lancera un "mot d'ordre".

- Le gouvernement saisit la justice militaire pour qu'elle ouvre une enquête et porte plainte contre X à la suite des accusations de HRW.

- L'opposant Vital Kamerhe se prononce indirectement en faveur de Tshisekedi.Toute l'opposition rejette les résultats partiels de la Céni.

--DIMANCHE 4--

- La Céni annonce de nouveaux résultats partiels confirmant l'avance de Kabila.Des milliers de gens fuient Kinshasa pour Brazaville.