Vaccination: l'Afrique ne doit pas relâcher ses efforts

Par La rédaction

Addis Abeba (AFP)

Si l'accès à la vaccination s'est amélioré ces dernières années en Afrique, beaucoup reste à faire sur un continent où 20% des enfants ne sont toujours pas immunisés, relève le bureau régional de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans un rapport publié mercredi.

Ce rapport, diffusé à l'occasion d'une Conférence interministérielle sur l'immunisation en Afrique, qui a lieu mercredi et jeudi à Addis Abeba, souligne les "progrès réalisés" dans l'accès à la vaccination sur le continent, mais prévient que "certaines difficultés" restent à surmonter pour y assurer un accès universel.

Intitulé "Tenir la promesse: assurer la vaccination pour tous en Afrique", il tombe à mi-parcours de la mise en oeuvre de la Décennie de la vaccination, un programme de la communauté sanitaire mondiale qui a pour but d'étendre l'accès aux vaccins et aux services de vaccination à tous les individus d'ici 2020.

"La couverture vaccinale s'est considérablement accrue dans presque tous les pays africains au cours des dernières décennies", observe l'OMS, qui prend pour exemple la baisse de la prévalence de la rougeole et de la méningite dans de nombreux pays africains.

Mais l'organisation de l'ONU note également que "les efforts visant à accroître la couverture vaccinale ont ralenti à travers le continent", où des "engagements supplémentaires sont donc nécessaires".

La couverture moyenne par le DTC3 (diphtérie-tétanos-coqueluche) - qui est couramment utilisée pour mesurer la force et la portée des programmes de vaccination - est passée de 57% en 2000 à 80% en 2014, explique-t-elle.

Mais moins de la moitié des pays africains (23 sur 54) ont atteint l'objectif fixé en 2012 par le Plan d'action mondial pour les vaccins (GVAP), qui consistait à porter la couverture nationale par le DTC3 à plus de 90 % en 2014.

Si la plupart des pays d'Afrique du Nord ont signalé une couverture nationale de plus de 90%, la situation est moins encourageante dans les pays sub-sahariens, souligne l'OMS qui, outre les disparités géographiques, pointe du doigt les inégalités entre populations riches et pauvres.

Malgré les progrès, "des maladies graves comme la rougeole ou le tétanos néonatal, qui ont été totalement ou quasiment éliminées dans la plupart des régions du monde, restent endémiques en Afrique", indique encore ce rapport.

Il rappelle aussi que la vaccination reste "l'une des interventions les plus rentables en matière de santé publique".Mais il avertit qu'un "financement supplémentaire" sera nécessaire pour fournir un "accès équitable aux vaccins pour tous les enfants à travers l'Afrique".