Violences en Guinée: environ 40 blessés, selon le Premier ministre

Par La rédaction

CONAKRY (AFP) - (AFP)

Une quarantaine de personnes ont été blessées, dont 24 gendarmes et policiers, au cours des affrontements, mardi à Conakry, entre forces de l'ordre et opposants à la suite de l'interdiction d'une manifestation, a annoncé le Premier ministre guinéen, Mohamed Saïd Fofana.

Le Premier ministre n'a pas parlé de morts dans ce bilan, mais au moins deux hommes ont été tués dans ces affrontements (l'un par balle, l'autre poignardé), selon leurs familles et des sources médicales.Des décès confirmés mardi par Duris Dialé Doré, ministre de la Communication, qui a affirmé qu'ils étaient le résultat "d'affrontements entre manifestants".

"Notre pays a vécu une journée douloureuse à l'occasion de la manifestation organisée par le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition (opposition) qui a fait 24 blessés parmi les forces de l'ordre et une quinzaine parmi les manifestants", a déclaré M. Fofana à la télévision nationale dans la nuit de mardi à mercredi.

"Ce bilan aurait pu être plus lourd n'eut été la maturité, le sens de la retenue, l'amour pour la patrie dont a fait preuve la grande majorité de la population guinéenne", a ajouté M. Fofana.

Le Premier ministre a affirmé que "pris sur les faits en flagrant délit, plusieurs personnes ont été interpellées et des dégâts matériels importants ont été enregistrés"."Sur ces événements, les responsabilités seront situées dans les meilleurs délais et la loi sera appliquée dans toute sa rigueur", a-t-il dit.

Les violences ont éclaté après l'interdiction d'un rassemblement de l'opposition qui voulait protester contre l'organisation d'élections législatives le 29 décembre, date fixée selon elle "unilatéralement" par le pouvoir et la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Elles sont survenues à la veille de la commémoration du massacre, le 28 septembre 2009, d'au moins 150 opposants au Stade du 28 septembre à Conakry, par la junte militaire alors au pouvoir.

Cette journée, au cours de laquelle des prières doivent être dites dans tous les lieux de culte et des forums de réflexion sur "la réconciliation nationale" organisés, a été déclarée "jour férié", a annoncé M. Fofana.