Violences post-électorales en Guinée: le Premier ministre fustige des "loubards"

17 novembre 2010 à 10h25 par La rédaction

CONAKRY (AFP)

 Le Premier ministre de la transition en Guinée, Jean-Marie Doré, a présenté mardi soir comme des "loubards" les partisans du candidat à la présidentielle Cellou Dalein Diallo qui ont protesté, parfois violemment, contre l'annonce de la victoire d'Alpha Condé.

Les violences post-électorales ont fait au moins quatre morts depuis lundi, dont trois tués par les forces de l'ordre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de différentes sources, les autorités n'ayant pas évoqué de décès.

Au journal télévisé de la chaîne nationale, le chef du gouvernement a déclaré: "Depuis quelques jours, des loubards (...) se sont livrés à des actes de vandalisme en s'attaquant à des citoyens innocents et à leurs biens", "sous prétexte" que les résultats provisoires de la présidentielle étaient publiés.

 "Il y a eu des actes inadmissibles, malgré nos appels répétés au respect de la loi", a-t-il dit.

M. Doré a cité des noms de fiefs électoraux de M. Diallo: Ratoma (seule commune de Conakry où M. Condé n'était pas en tête), Labé, Pita et Dalaba, trois villes de Moyenne-Guinée (centre), une région à majorité peule, l'ethnie de M. Diallo, alors qu'Alpha Condé est malinké.

Le Premier ministre de la transition a annoncé qu'un couvre-feu était désormais imposé dans la région de Labé, de 17H00 à 6H00.

 Le chef du gouvernement a affirmé qu'à Pita, "les fonctionnaires non originaires de la région étaient obligés de se réfugier à la gendarmerie pour se protéger".Il a décidé de relever de ses fonctions, "pour faiblesse", le préfet de Pita et de le remplacer, "avec l'accord du chef d'état-major de l'armée", par le commandant de la gendarmerie de la ville.Le colonel Mamadou Mark Diallo -d'ethnie peule- a été remplacé par le lieutenant-colonel Mamadou Bah Soumah, d'ethnie soussou.

La Commission électorale avait annoncé lundi soir les résultats provisoires complets du second tour de la présidentielle du 7 novembre, donnant la victoire à l'opposant historique Alpha Condé (52,5%) devant son adversaire Cellou Dalein Diallo (47,5%).