Nigeria: l'armée retrouve deux nouvelles "filles de Chibok", huit ans après

AFRICA RADIO

29 juillet 2022 à 19h51 par AFP

L'armée nigériane a annoncé vendredi avoir retrouvé deux anciennes "filles de Chibok", huit ans après leur enlèvement par le groupe jihadiste Boko Haram.

Les deux jeunes femmes faisaient partie des 276 écolières âgées de 12 à 19 ans enlevées en 2014 de leur pensionnat de Chibok, dans le nord-est du Nigeria. Cette affaire avait provoqué une campagne mondiale baptisée #BringBackOurGirls ("#RamenerNosFilles"). Hannatu Musa et Hauwa Luka se sont échappées de la forêt de Sambisa, enclave de Boko Haram, dans l'État de Borno (nord-est), et ont gagné la ville de Bama, en bordure de la vaste forêt, où elles se sont rendues aux forces armées. Le général Christopher Musa, le commandant des forces militaires dans la région, les a présentées à la presse, avec leurs enfants, devant une caserne militaire à Maiduguri, la capitale régionale du Borno. "Hannatu et Kauna ont été secourues le 26 juillet par les soldats de la 21e brigade spéciale à Bama", a-t-il déclaré avant de les laisser prendre la parole. Hannatu Musa, qui avait 18 ans lorsqu'elle a été enlevée, a été mariée à un combattant de Boko Haram, avec qui elle a eu deux enfants. "J'ai demandé la permission à mon mari de rendre visite à Hauwa dans une autre partie de la Sambisa", a expliqué la femme désormais âgée de 26 ans. "Nous avons attendu le crépuscule pour nous mettre en route et avons marché pendant deux jours avant d'atteindre Bama où nous avons été reçues par des soldats", a-t-elle poursuivi. Hauwa Luka avait, quant à elle, 19 ans au moment du rapt. "J'ai cherché un moyen de m'échapper et lorsque Hannatu est venue me rendre visite et m'a parlé de cette idée, j'ai immédiatement accepté son plan", a déclaré la jeune femme qui est partie avec son nourrisson sur le dos. Sur les 276 écolières enlevées en 2014, 57 avaient réussi à prendre la fuite et 80 autres avaient été échangées contre des commandants de Boko Haram dans le cadre de négociations avec les autorités. Par la suite, d'autres jeunes filles ont été retrouvées mais plus de cent sont toujours portées disparues. Selon les vidéos de propagande, beaucoup auraient été mariées de force à des combattants jihadistes. Depuis l'enlèvement "des filles de Chibok", de nombreuses autres écoles ou universités ont été attaquées dans le nord du Nigeria ces dernières années, certaines par des jihadistes, mais surtout par des groupes criminels qui pratiquent des enlèvements de masse contre rançons. L'insurrection jihadiste dans le nord-est dure depuis 13 ans et a fait 40.000 morts et 2,2 millions de déplacés.