RDC: cinq civils tués dans une attaque près de la frontière ougandaise

AFRICA RADIO

8 septembre 2022 à 9h36 par AFP

Cinq civils ont été tués mercredi la nuit par des membres du groupe Forces démocratiques alliées (ADF) dans une localité de l'est de la République démocratique du Congo près de la frontière avec l'Ouganda, a-t-on appris jeudi de sources militaire et locale.

"L'attaque de la commune de Bulungo par les ADF a eu lieu la nuit de mercredi. Après des affrontements avec l'armée, ces jihadistes ont pris la fuite. Malheureusement ils ont exécuté cinq otages civils", a déclaré le capitaine Antony Mualushayi, porte-parole de l'armée congolaise dans la région de Beni (Nord-Kivu, est). "Côté ennemi, l'armée loyaliste a neutralisé (tué, ndlr) deux terroristes et a récupéré une arme de guerre de type AK47", a ajouté l'officier. "Pour l'instant l'armée contrôle l'ensemble de la commune de Bulungo et demande à la population d'être calme". "Nos compatriotes ont été tués à la machette. L'alerte était déjà donnée depuis l'enlèvement de trois civils dans le village voisin de Mayele. Ces trois otages sont parmi les personnes tuées cette nuit", a indiqué à l'AFP Lewis Thembo, président de la société civile de Bulungo. "Ce massacre a eu lieu à deux kilomètres d'une position des militaires ougandais", près de la frontière entre la RDC et de l'Ouganda où les armées des deux pays mènent des opérations conjointes contre les ADF, a regretté M. Thembo. Les armées congolaises et ougandaises ont annoncé avoir planifié la 4ème phase de leurs opérations après une réunion tenue à Fort Portal en Ouganda fin août. Mais, "ces opérations conjointes se sont arrêtées" depuis quelques mois, assure Ricardo Rupande président de la société civile du secteur de Rwenzori. L'est de la RDC est déstabilisé depuis près de trois décennies par la présence de plus d'une centaine de groupes armés locaux et étrangers, dont le groupe ADF. Présentés par l'organisation État islamique (EI) comme sa branche en Afrique centrale (ISCAP), les ADF sont accusés d'être à l'origine de plusieurs massacres ayant fait plusieurs milliers de civils dans la région. Les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri sont placées en état de siège depuis mai 2021.