RDC: deux blessés par balles dans la répression d'une manifestation d'opposants

AFRICA RADIO

22 avril 2022 à 16h21 par AFP

Deux personnes ont été blessées par balles vendredi à Kinshasa lors de la répression d'une manifestation contre l'ouverture des débats sur la révision de la loi électorale à l'Assemblée nationale de la RDC, boycottés par des élus d'opposition, a-t-on appris auprès de leur parti.

Selon des témoins interrogés par l'AFP, la manifestation s'est déroulée devant le Palais du peuple, siège du Parlement. "Deux militants de notre parti sont blessés par balles tirées par des policiers alors qu'ils se trouvaient dans nos bureaux près du Palais du peuple", a affirmé Devos Kitoko, secrétaire général d'Ecidé, parti de Martin Fayulu qui continue de revendiquer sa victoire à la présidentielle de 2018. Les deux blessés sont hospitalisés, a-t-il ajouté, précisant que "plusieurs" autres militants avaient été "arrêtés par la police". Contacté, le colonel Pierrot Mwanamputu, porte-parole de la police nationale congolaise, a promis de se "renseigner". Les opposants, ainsi que les églises catholique et protestante, soutiennent qu'il faut d'abord dégager un consensus sur les grandes options de la loi électorale avant son examen par les députés. Pour des élus membres du Front commun pour le Congo (FCC) de l'ancien président Joseph Kabila, "tant qu'un consensus n'aura pas été préalablement trouvé entre les différentes parties prenantes concernées par le processus électoral", il est exclu de participer aux discussions sur la question. Pour la plateforme d'opposition Lamuka, à laquelle appartient Ecidé (Engagement pour la citoyenneté et le développement), "la loi électorale doit être le reflet d'un consensus de l'ensemble des parties prenantes aux élections et non la seule volonté de Félix Tshisekedi et son camp", selon son coordonnateur, l'ancien Premier ministre Adolphe Muzito. De leur côté, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et l'Église du Christ au Congo (ECC, protestants) plaident conjointement pour qu'"un consensus minimal" soit dégagé par les parties prenantes en vue de l'organisation "d'élections crédibles, transparentes et apaisées". L'intégrité des résultats électoraux de la présidentielle et des législatives de 2018 en RDC avait été mise en doute par quasiment tous les protagonistes à cause de nombreuses irrégularités constatées dans leur organisation et dans la publication des résultats.