Sahara occidental: le Front Polisario rejette la position espagnole

AFRICA RADIO

19 mars 2022 à 12h36 par AFP

Le Front indépendantiste sahraoui le Polisario, soutenu par l'Algérie, a exprimé son "étonnement" face à la position du gouvernement espagnol de soutenir la position marocaine sur le Sahara occidental, selon un communiqué parvenu samedi à l'AFP.

L'Espagne a opéré vendredi un changement de position radical sur le dossier hautement sensible du Sahara occidental en soutenant pour la première fois publiquement la position du Maroc, mettant fin à une brouille diplomatique majeure entre les deux pays, une position saluée par Rabat. "L'Espagne considère que l'initiative d'autonomie présentée en 2007 (par le Maroc) est la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution de ce différend" entre Rabat et les indépendantistes du Front Polisario, a déclaré devant la presse à Barcelone le chef de la diplomatie espagnole José Manuel Albares. "Avec beaucoup d'étonnement, le gouvernement de la République sahraouie et le Front Polisario ont été informés vendredi du contenu des deux communiqués émis par l'occupant marocain et le gouvernement espagnol". "La position exprimée par le gouvernement espagnol contredit absolument la légitimité internationale. Les Nations unies, l'Union africaine, l'Union européenne, la Cour internationale de justice et la Cour européenne de justice et toutes les organisations régionales ne reconnaissent pas une quelconque souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental", a ajouté le communiqué du Polisario. Le communiqué appelle les forces politiques à Madrid à "faire pression sur le gouvernement espagnol pour qu'il corrige cette grave erreur". Le conflit du Sahara occidental, ex-colonie espagnole considérée comme un "territoire non autonome" par l'ONU, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario. Rabat, qui contrôle près de 80% de ce territoire, propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté tandis que le Polisario réclame un référendum d'autodétermination, prévu lors de la signature en 1991 d'un cessez-le feu mais jamais concrétisé.