La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a lancé jeudi 28 août sa campagne électorale pour les élections présidentielle et législatives prévues en octobre, qui s'annoncent sans opposition au lendemain de la disqualification d'un adversaire.
Mercredi 27 août, la Commission électorale a disqualifié Luhaga Mpina, un candidat à la présidentielle de l'Alliance pour le changement et la transparence (ACT Wazalendo), troisième parti de Tanzanie.
En avril, la commission avait déjà disqualifié le principal parti d'opposition, le Chadema, et arrêté son leader, Tundu Lissu, poursuivi pour "trahison" , une accusation passible de la peine capitale dans le pays d'Afrique de l'Est.
Mme Hassan est arrivée au pouvoir sans élection directe, après avoir été vice-présidente de M. Magufuli, décédé en mars 2021. "Nous avons mis en œuvre notre manifeste au cours des cinq dernières années et nous avons désormais l'énergie nécessaire pour continuer à diriger notre pays", a-t-elle déclaré lors d'un large rassemblement notamment composé de dignitaires et d'artistes populaires dans la capitale économique, Dar es Salaam.
La dirigeante s'est également félicitée d'"étapes importantes" pour "permettre au pays de retrouver la stabilité", s'engageant à créer une commission de réconciliation et à entamer le processus de rédaction d'une nouvelle constitution, sans donner de détails.
Les critiques dénoncent un retour à l’autoritarisme
Samia Suluhu Hassan a été désignée par son parti, le CCM, comme candidate à la présidentielle en mai, mais ne fait pas l'unanimité au sein de son mouvement.
Après des accusations d'enlèvements politiques en Tanzanie, l'ambassadeur tanzanien à Cuba a annoncé le mois dernier sa démission, dénonçant des pratiques au sein du gouvernement contraires aux "droits humains, à la paix et à la dignité des personnes".
L'opposition tanzanienne et les ONG de défense des droits humains dénoncent la répression politique du gouvernement, qu'ils accusent de retomber dans les pratiques autoritaires du prédécesseur de Mme Hassan, John Magufuli (2015-2021).
Lors du rassemblement de jeudi, le vice-président du parti, Stephen Wassira, a accusé les critiques de s'opposer à la présidente "en raison du système dominé par les hommes". Certains partisans de la présidente se sont montrés indifférents à la répression politique. "De nombreux autres partis sont en compétition", a déclaré à l'AFP Mashaka Ngao, qui a parcouru une quarantaine de kilomètres pour assister au rassemblement.
Un autre membre du CCM, Omary Mrisho, a toutefois regretté l'exclusion de Chadema. "Ils poussent nos dirigeants à trouver de meilleures idées (...) Ce sont nos rivaux, mais nous avons besoin d'eux", a-t-il déploré.
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