L’annonce a été faite par plusieurs médias congolais et confirmée par la Fondation Patrice Lumumba : Roland Lumumba est décédé ce mercredi 28 janvier à Kinshasa, des suites d’une maladie. Il avait 67 ans. Architecte, député et président de la Fondation Patrice Lumumba, il était le quatrième d’une fratrie de six enfants.
Sa disparition intervient alors que sa famille demande l’ouverture d’un procès contre Étienne Davignon, ex-diplomate belge de 93 ans, pour "crimes de guerre imprescriptibles" liés à la détention illicite, au transfert forcé et aux traitements infligés à Patrice Lumumba vers le Katanga en janvier 1961, où il fut tué.
Souffrant, Roland Lumumba n’avait pas pu faire le déplacement en Belgique, mardi 20 janvier, où s’était tenue une audience judiciaire visant à entendre et examiner la demande de sa famille.
D’architecte à gardien de la mémoire de son père
Né en 1958, Roland Lumumba a trois ans lorsque son père est assassiné, le 17 janvier 1961. Il vit un temps en exil avec sa famille, notamment en Égypte, qu’il quitte à l’âge de 18 ans. Il poursuit ensuite une formation d’architecte à l’École spéciale d’architecture de Paris.
Il fera son retour en République démocratique du Congo dans les années 1990, période à laquelle commence le combat de la famille pour éclaircir les circonstances de la mort de leur père. Il prend notamment la présidence de la Fondation Patrice Emery Lumumba, créée en 2003.
Une succession de démarches judiciaires, dans les années 2000, pour éclaircir les circonstances exactes de l’assassinat de Patrice Lumumba
En 2011, François Lumumba, l'aîné de la famille, dépose à Bruxelles une plainte pour "crimes de guerre, tortures et traitements inhumains et dégradants" contre une dizaine de personnes, dont des responsables belges, visant la responsabilité de l’État belge et d’individus dans l’assassinat de son père en 1961. La plainte demande que les circonstances exactes de l’assassinat et la complicité belge soient établies par la justice pénale, allant au-delà de la simple reconnaissance de responsabilité morale, déjà formulée par une commission belge en 2001.
Cinq ans plus tard, en 2016, la famille, alertée par la publication du livre Le Fantôme de Lumumba et des reportages révélant que la fille de Gérard Soete conservait encore la dent dorée chez elle, à Herstal, dépose plainte pour "recel de cadavre et de dépouille humaine" auprès du parquet fédéral de Bruxelles, visant spécifiquement la fille, Andrée, et sa petite-fille.
Quatre ans plus tard, en 2020, le tribunal de première instance de Bruxelles ordonne définitivement la restitution de la dent de Patrice Lumumba à sa famille.
La dent est ensuite transportée à Kinshasa, où une inhumation symbolique au mémorial Patrice Lumumba est organisée. Une restitution alors vécue comme un soulagement par Roland Lumumba. "On a commencé un deuil il y a 61 ans, on ne l’a pas clôturé. […] Il faut enterrer un mort pour que son âme repose en paix", avait-il confié dans une interview accordée à France 24, en 2022.
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