Un réseau impliquant près de 1.800 victimes
Les autorités éthiopiennes ont annoncé mardi soir l’arrestation de 22 suspects pour des faits présumés de trafic d’êtres humains. Selon la police, ces personnes seraient impliquées dans un réseau ayant touché environ 1.800 migrants. Le communiqué fait état de conséquences humaines lourdes : deux personnes seraient mortes et 15 autres portées disparues. Les enquêteurs évoquent également un détournement de plus de 2,16 milliards de birrs, soit environ 11,5 millions d’euros.
De fausses promesses d’une vie meilleure en Europe
D’après la police, les suspects recrutaient des passeurs et faisaient miroiter aux migrants « de faux espoirs d’entrer en Europe et de vivre une vie meilleure », en les incitant à emprunter la route passant par la Libye. Une fois arrivés sur place, les migrants étaient retenus dans des entrepôts, privés de conditions de vie décentes.
Séquestration et rançons en Libye
Les victimes ne recevaient « que le strict minimum pour survivre », selon les autorités. Elles étaient contraintes d’appeler leurs familles afin d’exiger le versement de fortes sommes d’argent. « Elles étaient retenues en otages jusqu’au paiement de la rançon », précise la police, décrivant un système de séquestration bien rodé et particulièrement violent.
L’Éthiopie, pays de départ majeur de la migration africaine
L’Éthiopie est l’un des principaux pays de départ de migrants en Afrique de l’Est. De nombreux Éthiopiens fuient la pauvreté, le chômage et les conflits armés qui touchent plusieurs régions du pays depuis des années.
Outre la route libyenne, les migrants empruntent également la « route de l’Est », qui relie la Corne de l’Afrique au Yémen.
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Une route de l’Est de plus en plus meurtrière
Entre janvier et septembre 2025, au moins 890 personnes sont mortes ou ont été portées disparues en empruntant cette route maritime et terrestre, soit deux fois plus que sur la même période l’année précédente. Chaque année, des milliers de migrants africains empruntent cet itinéraire dans l’espoir de rejoindre ensuite les pays pétroliers du Golfe, où ils espèrent travailler comme ouvriers ou employés de maison.
Des condamnations sévères, jusqu’à la peine de mort
Début août, cinq personnes ont été condamnées à mort en Éthiopie pour trafic d’êtres humains. Si la peine capitale est rarement appliquée dans le pays, ces condamnations illustrent la volonté affichée des autorités de lutter contre les réseaux criminels. Selon la Coalition mondiale contre la peine de mort, la dernière exécution en Éthiopie remonterait à 2007.
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