Une visite symbolique dans un contexte de tensions
En pleine crise diplomatique entre Paris et Alger, Ségolène Royal s’est rendue mardi dans la capitale algérienne pour une visite de plusieurs jours. Récemment élue présidente de l’Association France-Algérie (AFA), l’ancienne candidate à l’élection présidentielle française a été reçue par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, un entretien qu’elle a qualifié de « très honorant ». Selon Mme Royal, cette audience témoigne de la « volonté de dialogue » des autorités algériennes, à condition que « le respect et la considération » soient au rendez-vous.
🚨🇩🇿🇫🇷Déclaration de la présidente de l’Association France-Algérie #SégolèneRoyal suite à son audience par le président #AbdelmadjidTebboune :
— بوابة الجزائر - Algeria Gate (@algatedz) January 27, 2026
🚨Le président #Tebboune souhaite le dialogue dès lors que le respect et la considération sont mutuels.
🚨Il faut mettre fin aux… pic.twitter.com/QNTtaIzCkl
« Reconstruire l’amitié est un devoir »
Ségolène Royal a estimé que la normalisation des relations franco-algériennes constituait une responsabilité historique, notamment envers les jeunes générations des deux rives de la Méditerranée.
« La reconstruction de l’amitié entre la France et l’Algérie est un devoir », a-t-elle affirmé, appelant à dépasser les « postures politiciennes » et les « provocations ». Elle a également dénoncé les discours de ceux qui, selon elle, refusent « d’admettre la souveraineté nationale de l’Algérie », tout en exprimant l’espoir que les autorités françaises finiraient par la respecter pleinement.
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Mémoire, restitutions et essais nucléaires
Abordant la question sensible de la mémoire coloniale, Mme Royal a déclaré que celle-ci ne devait être « ni une rente ni une culpabilité héréditaire », mais un travail de vérité sur les « blessures et traumatismes » du passé. Elle a appelé à ce que ces blessures soient « nommées, réparées et excusées », sans contrepartie.
L’ancienne ministre a par ailleurs estimé que la France devait restituer des biens culturels et des archives à l’Algérie, et transmettre l’intégralité du dossier sur les essais nucléaires français menés dans le Sahara. Selon elle, ces documents sont indispensables pour mesurer l’ampleur des dégâts environnementaux et humains et engager des réparations.
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Un message adressé à Emmanuel Macron
Ségolène Royal a enfin indiqué qu’elle porterait ces demandes auprès du président français Emmanuel Macron à son retour en France. « C’est ce que je dirai au président Emmanuel Macron pour l’inciter à agir en ce sens », a-t-elle déclaré, rappelant que le chef de l’État s’était engagé sur ces sujets au début de son quinquennat.
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