Un tribunal néerlandais a condamné mardi 27 janvier Amanuel Walid, un ressortissant érythréen, à 20 ans de prison pour avoir dirigé un important réseau de trafic d’êtres humains, qualifié de "particulièrement cruel", au cours duquel des migrants ont été torturés et victimes d’extorsion.
Selon le tribunal, Amanuel Walid a traité les migrants "sans la moindre humanité" lors de leur trajet depuis l’Érythrée vers l’Europe, principalement via la Libye. "Votre seul but était de soutirer le maximum d’argent possible à des personnes en quête d’un avenir meilleur", a déclaré le juge René Melaard lors de l’énoncé du verdict.
Tortures et extorsions sur la route migratoire
Le tribunal de Zwolle, dans le nord des Pays-Bas, a entendu des témoignages de victimes décrivant des sévices infligés par les membres du réseau. Des milliers de migrants ont été détenus dans des camps surpeuplés et insalubres en Libye, où ils étaient battus, affamés et torturés.
Certaines victimes ont raconté avoir été maltraitées alors qu’elles étaient au téléphone avec leurs proches installés aux Pays-Bas. Ces familles étaient contraintes de payer d’importantes sommes pour que les violences cessent. Ce n’est qu’après réception de l’argent que les migrants étaient embarqués sur des bateaux de fortune pour tenter la traversée de la Méditerranée, souvent mortelle.
Peine maximale
Le parquet néerlandais avait requis la peine maximale pour direction d’une organisation criminelle de trafic d’êtres humains, assortie d’extorsions, de prises d’otages et d’agressions sexuelles. "La gravité et l’ampleur de ces crimes justifient pleinement cette peine", a souligné le juge, évoquant un traitement "cruel, violent et dégradant".
Le tribunal a toutefois estimé ne pas être compétent pour juger les accusations de prises d’otages et d’infractions sexuelles, les faits n’ayant pas été commis sur le territoire néerlandais.
Détenu aux Pays-Bas depuis octobre, Amanuel Walid, qui affirme porter un autre nom et conteste son âge, a nié l’ensemble des accusations, invoquant une erreur d’identité. Le juge a rejeté cette thèse, affirmant être convaincu "hors de tout doute raisonnable" qu’il s’agit bien de l’homme ayant opéré à Bani Walid, en Libye.
L’enquête, menée sur plusieurs années avec le soutien d’organismes internationaux comme Interpol et la Cour pénale internationale, souligne une nouvelle fois le rôle central de la Libye sur les routes migratoires et les graves violations des droits humains qui y sont régulièrement dénoncées.
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