Les chanteurs, chanteuses d’opéra, sont-ils et sont-elles plus visibles aujourd’hui ?
Très clairement, oui. Nous avons lancé l’initiative Africa Lyric's Opera, les Grandes Voix d’Opéra d’Afrique, en 2007, avec l’ambition, bien évidemment, d’agir en faveur de la diversité à l’opéra, de rendre visibles ces artistes de très grands talents, d’accompagner également la jeunesse, la formation et la détection de talents lyriques africains. Et au-delà de cela, ce sont aussi des actions de formation, d’accompagnement des jeunes chanteurs d’opéra que nous mettons en place à travers plusieurs actions diversifiées.
Donc aujourd’hui, très clairement, depuis que nous avons développé cette action, on voit une vraie évolution sur la scène opératique française et internationale grâce aux actions d’Africa Lyric's Opera, avec bien sûr divers outils comme le Concours international des voix d’opéra d’Afrique et puis différents récitals qui ont lieu à de très hauts niveaux, et notamment dans les grandes maisons d’opéra. Vous avez cité notamment l’Opéra de Toulouse. Donc, effectivement, tout ceci contribue à dynamiser la scène opératique nationale et à rendre plus visibles ces voix d’Afrique.
Justement, vous avez parlé du concours que vous allez organiser et qui aura lieu à Paris. Il récompense les plus belles voix lyriques. Qu’est-ce qui revient le plus souvent chez ces chanteuses et chanteurs d’opéra quand ils expliquent leur rapport à l’art lyrique ?
Concernant le Concours international des voix d’opéra d’Afrique, ça va être la cinquième année. Cette année, ça va être au mois de mars, du 5 au 10 mars. On recevra à Paris à peu près une cinquantaine de compétiteurs provenant d’une trentaine de pays africains et, bien sûr, de territoires afrodescendants.
Aujourd’hui, on a effectivement une émulation très forte de la scène opératique en Afrique pour plusieurs raisons. La première, c’est que l’Afrique aime l’opéra, les jeunes Africains adorent l’opéra.
De par notre culture, de par nos us et coutumes. On est dans des environnements en Afrique où on chante, on danse, on fréquente des églises. Effectivement, cette appétence pour la musique classique provient aussi des chorales qui sont organisées, auxquelles participent les chanteurs quand ils sont plus jeunes, d’une part, mais d’autre part aussi, il y a cette émulation internationale, comme je l’ai dit précédemment, avec toutes les actions que nous menons aujourd’hui, qui permettent aussi à ces chanteurs d’avoir des parcours d’excellence de référence, comme des chanteurs aux États-Unis, en Afrique du Sud, etc.
Quand on parle d’opéra, beaucoup pensent à l’Europe, mais il existe aussi des orchestres africains comme l’Orchestre national symphonique du Ghana, l’Orchestre symphonique kimbanguiste, en République démocratique du Congo, qui existe depuis une trentaine d’années, etc.Est-ce que vous entendez encore cette remarque que l’opéra, c’est lié à l’Occident ?
Je pense qu’on entend ce discours de moins en moins. Il y a aussi la démarche que nous devons avoir également. C’est une démarche d’éducation, d’éducation historique et puis aussi d’information. Effectivement, vous avez cité des orchestres de très grande qualité qui aujourd’hui officient en Afrique, mais également à l’étranger.
Mais il faut aussi préciser que dans le domaine de l’opéra, on ne parle pas uniquement d’instruments, mais on parle surtout de voix. Nous travaillons aussi bien sur la voix que sur l’instrument. Tous ces orchestres, effectivement, et tous ces musiciens d’orchestre qui permettent de vulgariser cet art, contribuent également à mieux faire connaître le domaine de l’opéra.
Je voudrais aussi rappeler que nous travaillons pour la valorisation des compositeurs africains et afrodescendants de musique classique, des compositeurs contemporains avec lesquels nous diversifions aussi notre offre, en travaillant notamment sur la création d’opéra. Tout ceci va permettre, avec tout le travail que font les uns et les autres dans différents pays, de permettre à l’Afrique d’être une vraie terre d’opéra, mais aussi d’être contributrice, je dirais, dans le domaine historique de l’opéra.
Récital Grandes Voix d’Opéra d’Afrique
Mercredi 28 janvier
De 12h30 à 13h30
Opéra national du Capitole,
Pl. du Capitole, 31000 Toulouse
Tarif : 5 euros
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