Cameroun: relaxe d'un journaliste détenu depuis 16 mois

Par AFP

AFRICA RADIO

Un journaliste en détention au Cameroun depuis 16 mois, accusé de "propagation de fausses nouvelles", a été relaxé, a-t-il déclaré lundi à l'AFP.

Reporters Sans Frontières (RSF) et des syndicats de la presse camerounaise dénoncent régulièrement la "détention arbitraire" de journalistes critiques du pouvoir de l'inamovible président Paul Biya, 88 ans dont plus de 39 à diriger d'une main de fer ce grand pays d'Afrique centrale. Emmanuel Mbombog Mbog Matip, directeur du journal Climat social, avait observé en mai une grève de la faim pour dénoncer sa détention à la prison centrale de Kondengui de Yaoundé. "Après 16 mois de détention arbitraire et de séquestration, j'ai été relaxé purement et simplement", a-t-il déclaré à l'AFP. "Le tribunal militaire de Yaoundé ordonne ma libération immédiate", a-t-il poursuivi. Le 23 avril, RSF avait évoqué sa "détention arbitraire". "Il a été violemment enlevé à son domicile par six hommes armés, le 17 août 2020, alors qu'il menait deux enquêtes impliquant plusieurs personnalités haut placées du régime camerounais", écrivait l'ONG. "Plusieurs journalistes sont actuellement incarcérés au Cameroun, où la situation de la liberté de la presse ne cesse de se dégrader au fil des années", s'était alarmé en mai RSF. Amadou Vamoulké, ancien directeur de la Cameroon Radio Television (CRTV), âgé de 71 ans, est détenu depuis près de cinq ans à Kondengui, sans avoir été jugé. Le Cameroun occupe la 135e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2021.