Deuxième jour de chapelle ardente pour Desmond Tutu

Par AFP

AFRICA RADIO

Les Sud-Africains continuaient vendredi à rendre hommage à Mgr Desmond Tutu, au deuxième et dernier jour d'une chapelle ardente à la cathédrale Saint-George du Cap, d'où il a longtemps pourfendu le régime raciste de l'apartheid.

Jeudi déjà, quelque 2.000 personnes, de tous âges et de toutes couleurs, s'étaient recueillies devant la dépouille de Mgr Tutu. Pour éviter une trop grande cohue, les autorités avaient décidé d'ajouter une journée supplémentaire pour cet hommage. Un orchestre de fidèles, dont un enfant à la trompette, ont accueilli en musique le cotège qui ramenait pour le deuxième jour le modeste cercueil en pin contenant le corps d'un des géants de l'Histoire de l'Afrique du Sud. Le successeur de Mgr Tutu comme archevèque du Cap, Mgr Thabo Makgoba, a répandu de l'encens autour du cercueil porté, comme la veille, par six prêtres. Des membres de la famille s'embrassaient et se consolaient devant la cathédrale à l'arrivée du cercueil. Le prix Nobel de la paix, décédé tranquillement à l'âge de 90 ans, sera incinéré et les cendres enterrées ce week-end à l'intérieur de la cathédrale, dont les cloches sonnent tous les jours depuis lundi à midi, pendant dix minutes, pour appeler les passants à penser à lui. Le pays est en deuil national depuis lundi. Les drapeaux sont en berne dans tout le pays et la Montagne de la Table, qui surplombe la ville portuaire, est illuminée de violet tous les soirs en hommage à "The Arch". Pour ses obsèques, ni cérémonie ostentatoire ni dépenses somptueuses, le prélat avait laissé des consignes strictes. L'assistance devrait être limitée à une centaine de personnes, Covid oblige. Archevèque du Cap jusqu'en 1996, Desmond Tutu avait ensuite notamment présidé la Commission vérité et réconciliation (TRC) dont il espérait, grâce à la confrontation des bourreaux et des victimes, qu'elle permettrait de tourner la page de la haine raciale. Vendredi, l'aîné des petits-enfants du premier président noir, Mandla Mandela, avait, lors d'un hommage à Mgr Tutu, appelé à collectivement calmer la colère attisée par "la pauvreté, les inégalités et le chômage", faisant allusion aux émeutes sans précédents de juillet qui ont fait plus de 350 morts.