Ethiopie: des athlètes retrouvent leurs familles au Tigré

AFRICA RADIO

10 janvier 2023 à 15h51 par AFP

Plusieurs athlètes originaires du Tigré sont arrivés mardi dans la capitale de cette région rebelle pour retrouver leurs familles, une première depuis le conflit qui a ravagé pendant deux ans le nord de l'Éthiopie, a annoncé la fédération éthiopienne d'athlétisme.

Cette annonce intervient après que le gouvernement éthiopien et les rebelles tigréens ont signé, le 2 novembre 2022, un accord mettant fin à ce conflit meurtrier. "Une délégation dirigée (...) par Derartu Tulu, qui est la présidente de la Fédération éthiopienne d'athlétisme, a commencé son voyage à Mekele", capitale du Tigré, a annoncé la fédération sur sa page Facebook. "Bienvenue chez nous nos héros et héroïnes. Merci Derartu et les responsables du gouvernement fédéral qui ont rendu cela possible!", a tweeté Getachew Reda, porte-parole des autorités rebelles du Tigré. Gotytom Gebreslase, arrivée troisième au marathon de Tokyo en mars 2022, ou Letesenbet Gidey, spécialiste des courses de fond, faisaient notamment parties de la délégation. Le 3 janvier, Ethiopian Airlines a repris ses vols commerciaux vers le Tigré, après une interruption de 18 mois. Mais certains passagers ont déclaré à l'AFP qu'ils avaient été empêchés d'embarquer au départ de la capitale éthiopienne d'Addis Abeba pour Mekele, évoquant notamment des restrictions pour les "voyageurs âgés entre 18 et 65 ans". "Il y a en effet des restrictions, mais nous travaillons avec les autorités fédérales pour y remédier", a assuré à l'AFP Getachew Reda. L'accord de paix signé le 2 novembre prévoit notamment un désarmement des forces rebelles, le rétablissement de l'autorité fédérale au Tigré et la réouverture des accès et communications vers cette région coupée du monde depuis mi-2021. Les combats avaient débuté en novembre 2020, quand le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée arrêter les dirigeants du Tigré qui contestaient son autorité depuis des mois et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires fédérales. Le bilan précis de ce conflit jalonné d'exactions, qui s'est déroulé largement à huis clos, est inconnu. Le centre de réflexion International Crisis Group et l'ONG Amnesty international l'ont décrit comme "un des plus meurtriers au monde".