Les anti-putsch redescendent dans la rue au Soudan

AFRICA RADIO

10 février 2022 à 13h51 par AFP

Les anti-putsch au Soudan se mobilisent de nouveau jeudi, a constaté un journaliste de l'AFP, après que des figures du pouvoir civil démis lors du putsch militaire d'octobre, ont été de nouveau arrêtés.

Sous une nuée de drapeaux noir, blanc, rouge et vert du Soudan, ils sont des milliers à défiler à Khartoum et dans sa banlieue nord-ouest, Omdourman, portant les portraits des 79 manifestants tués dans la répression depuis le coup d'Etat du général Abdel Fattah al-Burhane. Des manifestants ont barré des routes avec des pierres et les forces de sécurité ont tiré des grenades lacrymogènes sur ceux qui tentaient de s'approcher du palais présidentiel, où siège le chef de l'armée, le général Burhane. "Ne donne pas le dos à l'armée, elle te trahira, alors que la rue, elle, ne le fera jamais", ont scandé certains protestataires. Mercredi, de nouveau, la communauté internationale s'est insurgée du retour en détention du porte-parole du gouvernement limogé le 25 octobre, Khalid Omer Yousif, appréhendé par des officiers de police en pleine réunion des pro-civils au siège d'un parti d'opposition. Avec lui, Wagdi Saleh, un porte-parole des Forces de la liberté et du changement (FLC), principal bloc politique civil du pays, était également arrêté. Déjà, les autorités ont détenu, plus ou moins brièvement, des centaines de politiciens, de journalistes, de militants, de manifestants ou même de simples passants dans leur répression qui ne faiblit pas malgré les appels au dialogue. Les militaires ont bien répondu aux invitations de l'ONU, de même que la société civile. Mais, régulièrement, le même scénario se répète: peu après une rencontre avec l'émissaire onusien Volker Perthes, des figures du bloc pro-civils sont arrêtées. MM. Saleh et Youssef étaient ainsi la veille de leur arrestation dans les locaux des Nations Unies. La chargée d'affaires américaine Lucy Tamlyn et l'ambassadrice de Norvège Therese Loken Gheziel ont redit mercredi soir que ces "détentions arbitraires (...) sapaient les efforts pour un règlement de crise". Si les appels de l'Occident semblent ne pas rencontrer d'écho, un général multiplie les visites régionales. Après être allé récemment en Ethiopie, Mohammed Hamdan Daglo, dit "Hemedti", patron des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) et numéro 2 du pouvoir militaire, revient des Emirats arabes unis. Abou Dhabi, grand allié du régime soudanais a récemment pris ses distance avec le général Burhane.