11 mai 2011 à 11h02 par La rédaction

Le journal Le Monde a révélé aujourd'hui qu'une procédure pénale pour « blanchiment » a été ouverte en Suisse, qui viserait Laurent Gbagbo et son entourage. En cause : une présomption de fraude lors de la vente, en 2010, d'une luxueuse villa près de Genève appartenant à l'Etat ivoirien. La contre-valeur (plus de 15 millions de francs suisses, soit près de 12 millions d'euros) aurait dû être versée sur un compte de la présidence ivoirienne à Paris, mais les avocats mandatés par le président Ouattara ont pu établir que l'argent avait atterri sur le compte d'un notaire parisien et sur celui d'un intermédiaire. L'explication donnée par le notaire en question, selon lequel la moitié du produit de la vente a été utilisée pour des travaux de réfection à l'ambassade de Côte d'Ivoire à Paris et que le reste est encore à disposition, n'a pas convaincu. Les investigations se poursuivent pour tenter de retrouver la trace de cet argent.Une autre plainte a été déposée par le nouveau pouvoir ivoirien auprès de la justice suisse, le 29 mars dernier. Signée par Jeannot Ahoussou-Kouadio, ministre de la justice et Charles Diby Koffi, ministre de l'économie, elle passe en revue la manière dont le clan Gbagbo s'est indûment enrichi depuis 2000. L'ancien président ivoirien a amassé une fortune de plusieurs centaines de millions d'euros, alors que son traitement présidentiel ne dépassait pas 15 000 euros. « Avant son élection en octobre 2000, les salaires de M. Gbagbo, d'abord chercheur en histoire, puis député, n'ont jamais dépassé 1 500 euros », souligne Le Monde. La Suisse n'a pas ouvert de procédure pour l'instant concernant cette deuxième plainte, mais elle a gelé pour 56 millions d'euros d'avoirs provenant de Laurent Gbagbo et son entourage.Clémence Mortier