Afrique du Sud: le gouvernement veut faire pointer les instituteurs

Par La rédaction

JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

Le gouvernement sud-africain veut installer un système de reconnaissance des empreintes digitales des instituteurs afin de les faire pointer et endiguer leur absentéisme, a annoncé la ministre de l'Enseignement primaire.

"Tout comme dans les usines, les enseignants doivent (scanner leurs empreintes digitales) quand ils arrivent au travail.A 10H00, nous saurons combien d'enseignants ne sont pas à l'école, au niveau national.A la fin de la journée, ils devront à nouveau scanner leurs doigts pour partie", a déclaré la ministre Angie Motshekga lors d'une cérémonie samedi.

Le nouveau système devrait permettre de responsabiliser des chefs d'établissement, alors que l'absentéisme des enseignants --mal payés et peu motivés-- est un fléau frappant des écoles sud-africaines manquant par ailleurs souvent de livres, de vitres aux fenêtres ou d'eau courante.

Or, "nous n'avons de rapports complets sur l'absentéisme des enseignants", a déclaré Mme Motshekga, selon le quotidien The Sowetan de lundi.

La ministre a dit qu'elle avait été choquée par le nombre d'enseignants absents pendant les visites d'écoles d'hommes politiques à la rentrée, en janvier: "Il y avait 1.000 enseignants absents dans 451 écoles visitées en une journée", a-t-elle relevé.

Le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir depuis 1994 en Afrique du Sud, a en outre l'intention de faire de l'éducation un "service essentiel", ce qui limiterait fortement le droit de grève des enseignants, au grand dam des syndicats.

Le très faible niveau de l'enseignement public est un sujet de débat majeur dans le pays, et sans doute l'un des principaux échecs de l'ANC.

Les raisons de l'échec, selon une récente étude gouvernementale, sont la mauvaise qualité de la formation des enseignants, le manque de moyens financiers, et la surpopulation des classes.

Et alors que l'ANC s'est fixé comme objectif de corriger les inégalités héritées du régime raciste de l'apartheid, la faillite du système scolaire contribue au contraire à perpétuer ces disparités.

A propos de l'état des écoles sud-africaines, le prix Nobel de la paix Desmond Tutu a déclaré que si l'ancien président Nelson Mandela (âgé de 94 ans et qui vit retiré) "savait ce qui se passe, il en pleurerait".