Afrique du Sud: soutien populaire à Jacob Zuma, condamné à la prison

Par AFP

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"Nous aimons Nxamala", dit en zoulou Cecilia Nongce, 43 ans, désignant l'ex-président sud-africain, Jacob Zuma, par son nom de clan. Quelques dizaines de fidèles du leader charismatique, qui a jusqu'à dimanche pour se constituer prisonnier, étaient rassemblés vendredi devant sa résidence du Kwazulu-Natal (Est).

Avec une vingtaine d'autres femmes, Cecilia a parcouru plus de 300 km la nuit dernière pour rejoindre Nkandla et venir soutenir l'ancien président condamné à 15 mois de prison ferme pour outrage à la justice. Enveloppée dans une couverture traditionnelle, elle campe dans le froid à l'entrée de la propriété de M. Zuma, connue pour avoir été rénovée aux frais des contribuables pour 20 millions d'euros pendant sa présidence (2009-2018)."Nous soutenons Zuma et nous voulons savoir ce qui va se passer pour lui", dit celle qui espère le voir apparaître. La Cour constitutionnelle a condamné mardi l'ex dirigeant pour outrage à la justice, dans une décision qualifiée d'"historique" et qui ne peut pas faire l'objet d'un appel. Le camp Zuma a toutefois rejeté le jugement de la plus haute juridiction du pays, l'estimant "inconstitutionnel" et accusant les juges d'avoir laissé parler leur "sentiment" et leur "colère".L'ancien chef d'Etat s'est affiché studieux sur des photos postées jeudi soir par une de ses filles, Dudu Zuma-Sambudla, sur Twitter: "Travailler tard avec @PresJGZuma. Étudier sérieusement les documents" du jugement. L'ex-président est accusé d'avoir pillé l'argent public pendant ses neuf années au pouvoir. Englué dans les scandales, il avait été poussé à la démission.Depuis la création en 2018 d'une commission d'enquête sur la corruption d'Etat, l'ex-président, déjà mis en cause par une quarantaine de témoignages, multiplie les manoeuvres pour éviter d'avoir à s'expliquer, ce qui a fini par l'envoyer à la case prison. Si M. Zuma ne se se rend pas de lui-même dans un commissariat dans les prochains jours, la police a ordre de venir l'arrêter pour le conduire en prison où il purgera sa peine.Sa condamnation a rapidement suscité des appels sur les réseaux sociaux, les plus fervents soutiens au leader charismatique se mettant en route vers sa résidence dans la campagne zouloue. Armés de drapeaux de l'ANC et arborant des t-shirts avec l'inscription "Wenzeni uZuma?" en zoulou, "Qu'est-ce que Zuma a fait?", des partisans continuaient à arriver vendredi à la mi-journée.