Au moins deux civils tués après des tirs dans un quartier d'Abidjan

Par La rédaction

ABIDJAN (AFP)

Deux civils ont été retrouvés tués par balles mardi matin après que des tirs ont été entendus à Abidjan, dans le quartier d'Abobo, fief d'Alassane Ouattara, l'un des deux présidents ivoiriens proclamés, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des habitants ont aussi affirmé avoir vu deux autres corps, de membres des Forces de défense et de sécurité (FDS) fidèles à Laurent Gbagbo, l'autre président proclamé, mais ces décès n'avaient pas pu dans l'immédiat être confirmés auprès des autorités.

Les corps des deux civils, portant des traces de balles, étaient étendus sur le sol.L'un, torse nu, se trouvait sur le bitume et l'autre dans une ruelle à proximité, dans la partie nord de ce quartier populaire situé au nord de la capitale économique, a constaté la journaliste.

Un membre des FDS ainsi que des jeunes sur place ont dit à l'AFP que des habitants et des FDS avaient échangé des tirs.

Selon des habitants, les forces de l'ordre avaient investi en nombre tôt mardi ce quartier, où des tirs sporadiques étaient toujours entendus à la mi-journée.

Plus d'une dizaine de véhicules des FDS, dont des pick-ups et des véhicules de transport blindés, y étaient encore déployés.

Les forces de l'ordre ont "fouillé" des maisons, affirmant y "chercher des armes", ont rapporté plusieurs habitants.

Devant une foule de jeunes en colère qui avaient érigé des barricades à son approche, une patrouille de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) qui se dirigeait vers la zone a dû faire demi-tour, a-t-on constaté.

Charles Blé Goudé, chef des "jeunes patriotes", partisans de M. Gbagbo, devait tenir dans l'après-midi un meeting dans le même quartier.

La crise née de la présidentielle du 28 novembre, qui oppose toujours MM.Gbagbo et Ouattara, a fait autour de 200 morts depuis mi-décembre, selon l'ONU.