Burundi : sept civils tués et opération militaire au nord de Bujumbura

15 septembre 2010 à 16h06 par La rédaction

BUJUMBURA (AFP)

Au moins sept civils ont été tués mercredi au cours d'une attaque attribuée à "des bandits armés non identifiés" près de Bujumbura, dans une zone que la population soupçonne d'abriter de nouvelles poches de rébellion et où les forces de sécurité ont lancé une opération.

"Un groupe de huit malfaiteurs, en uniforme militaire et armés de fusils, a attaqué des agents d'une sucrerie qui opère à la lisière des marais de la Rukoko (15 km au nord-ouest de Bujumbura) ce (mercredi) matin vers 09H00 (07H00 GMT).Ces agents ont voulu fuir et ces malfaiteurs les ont massacrés", a expliqué à l'AFP l'administrateur de la commune de Gihanga, Bonaventure Ntirandekura.

"Lorsque nous sommes arrivés sur place, nous avons trouvé six cadavres de personnes tuées par balle ou à coup de machettes, et onze blessés dont quatre dans un état critique", a-t-il poursuivi.

"Un des blessés est décédé à son arrivée à l'hôpital, portant à sept le nombre des tués", a-t-il déploré.

Une source administrative sur place avait indiqué à l'AFP que les forces de l'ordre avaient déclenché une opération militaire dans ces marais.

Dimanche, les cadavres de sept civils tués à l'arme blanche avaient été retrouvés dans cette zone, victimes de "bandits non identifiés" selon les autorités.

Des rumeurs persistantes, démenties par les autorités, assurent que de nouvelles poches de rébellion seraient en train de se former, notamment dans les marais de la Rukoko et dans la forêt de la Kibira, qui court du nord au centre du pays.

"Ces gens n'ont rien volé alors qu'il y avait des vélos, de l'argent (...) Ils ont juste tué ces innocents et pour moi, il ne s'agit pas de bandits", a martelé le responsable administratif.

L'armée a catégoriquement démenti une telle hypothèse."Pour nous il ne s'agit pas d'une nouvelle rébellion, mais de tueurs", a déclaré à la presse le porte-parole de l'armée, le colonel Gaspard Baratuza.

"La population peut penser qu'il s'agit d'une rébellion, mais pour nous, il s'agit bel et bien jusqu'ici de bandits armés car ils n'ont pas de leader qui se réclame d'un tel mouvement", a-t-il poursuivi, annonçant que des opérations militaires étaient en cours dans la zone.

Les incidents -comme des embuscades- se sont multipliés ces derniers jours, attribués systématiquement par les autorités à "des bandits non identifiés".

Plusieurs opposants sont rentrés dans la clandestinité ou ont fui le pays à la suite des dernières élections générales remportées cet été par le régime du président Pierre Nkurunziza.

La contestation de ce processus électoral par l'opposition fait planer la crainte d'une reprise de la violence au Burundi, pays marqué par une longue guerre civile qui a fait près de 300.000 morts entre 1993 et 2006.