Cameroun: dons citoyens pour les régions anglophones

Par AFP

AFRICA RADIO

Plusieurs centaines de milliers d'euros ont été collectés auprès des Camerounais pour aider à financer un plan d'urgence en faveur des régions anglophones du pays en proie à une grave crise socio-politique, ont annoncé mardi les medias d'Etat.

A Douala, capitale économique du Cameroun, 229,4 millions de francs CFA (350.000 euros) ont été collectés lundi, selon la radio d'Etat, CRTV.Fin juin, "plus de 152 millions" de francs (231.000 euros) avaient été collectés dans la région du Centre, et "120 millions" (183.000 euros) dans celle du Sud, selon la CRTV.Mi-juin, le gouvernement avait annoncé la mise en place d'un plan d'urgence humanitaire pour les deux régions de la minorité anglophone. D'un coût de 12,7 milliards de francs CFA (près de 20 millions d'euros), il doit être financé par "le budget de l'Etat, l'appel à la solidarité nationale et la contribution des partenaires internationaux", avait précisé le gouvernement."La collecte des fonds ne sera jamais la solution", a réagi Marius Nseke, enseignant à Douala, à l'annonce de la réunion des dons.Sur les réseaux sociaux, des proches des séparatistes armés ont quant à eux invité les populations des deux régions anglophones à ne pas accepter l'assistance gouvernementale.Les anglophones dénoncent leur marginalisation, l'injustice dont ils se disent victimes en particulier dans le système éducatif et administratif, l'absence d'industries dans leur régions, le chômage, le tribalisme et la corruption.Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les combats sont devenus quasi quotidiens entre les forces camerounaises et des hommes armés se réclamant de "forces de restauration" d'un Etat anglophone qui avait brièvement vu le jour entre les deux guerres mondiales, sous mandat britannique.Selon le gouvernement, plus de 80 membres des forces de sécurité ont été tués dans ces combats. Aucun bilan du côté séparatiste n'est disponible, alors que plus de 600 personnes ont été arrêtées depuis le début de la crise, selon des sources onusiennes.Quelque 160.000 personnes ont dû fuir leur logement à la suite des violences, selon l'ONU, et 34.000 se sont réfugiées au Nigeria, selon l'agence nigériane de gestion des urgences (Sema).