Centrafrique: le pays est "au bord du génocide", selon Fabius

21 novembre 2013 à 8h38 par La rédaction


Paris (AFP)

La République centrafricaine est "au bord du génocide", déclare jeudi sur la chaîne de télévision publique France 2 le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

"Le pays est au bord du génocide (...).Aujourd'hui c'est le désordre absolu, vous avez sept chirurgiens pour 5 millions d'habitants, une mortalité infantile dans certains coins du pays de 25%, un million et demi de personnes qui n'ont rien, même pas à manger, et des bandes armées, des bandits, etc.", a indiqué M. Fabius.

Il faut agir vite, a-t-il ajouté, comme l'avait dit la veille le président François Hollande qui a dénoncé les exactions commises dans plusieurs régions du pays.

"La France, les pays autour, la communauté internationale s'en préoccupent.L'ONU va donner une permission d'intervenir aux forces africaines (des pays alentour), à l'Union africaine et également à la France", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, annonçant une résolution du Conseil de sécurité pour début décembre.

Mais, a-t-il dit, "ce ne sera pas du tout le même genre d'intervention qu'au Mali, ce ne sera pas aussi massif et aussi durable".La France, avec 420 hommes sur place, est "à l'appui des Africains", a-t-il ajouté.

Laurent Fabius a estimé que "malheureusement", il y avait un risque que le pays devienne un sanctuaire terroriste."Il y a déjà beaucoup de brigands et si les choses ne sont pas remises en ordre, il y a un risque de dissémination à partir de foyers terroristes", a-t-il souligné.

A la tête d'une coalition rebelle, la Séléka, l'actuel chef d'Etat centrafricain Michel Djotodia a renversé le 24 mars le président François Bozizé.La Séléka a depuis été dissoute mais les forces de sécurité sont impuissantes à neutraliser les ex-rebelles.Après une relative accalmie, les violences ont repris depuis début novembre à Bangui, avec des attaques à main armée et des meurtres.Des exactions ont également été commises dans des provinces reculées.

Les Etats-Unis ont parlé de situation "pré-génocidaire".L'ONU a aussi mis en garde contre le risque de génocide.