Centrafrique: le Séléka exclu des opérations de maintien de l'ordre

Par La rédaction

Bangui (AFP)

Les autorités centrafricaines ont décidé d'exclure les combattants de l'ex-rébellion Séléka des opérations de maintien de l'ordre à Bangui, qui relèveront désormais de la compétence de la police et de la gendarmerie, a annoncé mercredi à la radio nationale le ministre de la Sécurité Josué Binoua.

"Désormais et à compter d'aujourd'hui, pour tout ce qui touche le maintien de l'ordre, le rétablissement de l'ordre, particulièrement dans la ville de Bangui, seules les forces de la police centrafricaine et de la gendarmerie nationale sont habilitées à intervenir", a affirmé M. Binoua à l'issue d'un Conseil national de sécurité convoqué par le président de transition Michel Djotodia.

"Dans tous les pays modernes, a-t-il ajouté, la sécurité est assurée par la police et la gendarmerie.L'armée s'occupe de la défense du territoire".

"C'est donc le voeu de la population qui est ainsi satisfait.Et nous demandons donc à tous nos frères et soeurs qui se trouvent sur le tarmac de l'aéroport de rentrer chez eux", a ajouté le ministre.

Tôt mercredi, de nouveaux tirs ont été entendus dans le quartier de Boeing, près de l'aéroport international de Bangui, selon des témoins.Près d'un millier d'habitants ont trouvé refuge sur la piste, occasionnant des retards pour au moins deux vols, l'un de Royal Air Maroc, l'autre d'Air France, selon une source proche de l'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne (Asecna).

En milieu d'après-midi, des éléments congolais de la force africaine en Centrafrique (Misca) et des soldats français qui sécurisent l'aéroport tentaient toujours de les convaincre de quitter l'aire d'atterrissage, selon cette source.

Les autorités centrafricaines ont annoncé mercredi avoir déployé environ 300 policiers, gendarmes et membres de la Misca pour sécuriser les quartiers nord de Bangui, où violences et pillages se sont multipliés ces derniers jours.Depuis la prise du pouvoir par la coalition Séléka fin mars, les anciens rebelles sont régulièrement accusés d'exactions à l'encontre de la polation civile.