Côte d'Ivoire: les journalistes veulent plus d'aides de l'Etat "pour la presse sinistrée"

Par AFP

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La "presse ivoirienne est sinistrée", se sont indignés mardi à Abidjan les candidats à la présidence de l'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI) qui demandent plus d'aides de l'Etat.

"La presse ivoirienne est la grande malade de la République, nos salaires hypothéqués et hypothétiques (...) La tendance à la baisse au niveau des ventes et des ressources publicitaires se poursuit", s'insurge Jean-Claude Coulibaly, journaliste au quotidien Le Patriote, qui craint la "fermeture des journaux". "Un journaliste mal payé est un danger pour la République", ajoute-t-il."La situation est critique. La presse ivoirienne va mal au regard des chiffres de vente et du désintérêt du public", affirme de son côté le journaliste Franck Ettien."Des journaux tirent 30.000 exemplaires et en vendent moins de 6.000", déplore-t-il, évoquant des responsabilités partagées entre l'Etat et les journalistes qui doivent "se bonifier".Lance Touré, journaliste au quotidien Le Nouveau Réveil, demande, lui, "un plan d'urgence de sauvetage, car la situation est difficile".Les journalistes réclament une subvention annuelle représentant six milliards de FCFA (environ 9,1 millions d'euros) pour, disent-ils, "stabiliser nos rédactions et garantir les salaires", à l'instar du Sénégal (3,6 milliards de FCFA, 5,4 millions d'euros), du Burkina(1,1 milliard, 1,6 million d'euros) ou du Ghana (4 milliards, 6,1 millions d'euros)."Ce n'est pas de l'aumône, mais un droit du public à l'information, une fonction régalienne de l'Etat et une exigence constitutionnelle", note Jean-Claude Coulibaly.En 2018, le quotidien d'Etat Fraternité Matin, premier journal de Côte d'Ivoire, a licencié près de la moitié de ses effectifs pour redresser ses comptes.La presse ivoirienne est connue pour ses partis pris politiques très marqués. Sa diffusion est limitée.Une vingtaine de quotidiens composent la presse écrite qui évolue dans un environnement concurrentiel.