Diamants africains: les droits de l'Homme hors sujet dans le processus de Kimberley

19 novembre 2013 à 13h57 par La rédaction


Johannesburg (AFP)

Le Processus de Kimberley n'a pas vocation à faire cesser les atteintes aux droits de l'homme, a estimé mardi l'Afrique du Sud, hôte de la réunion annuelle de ce système de contrôle qui assure que la vente de diamants ne finance pas de conflits.

Alors que les ONG membres du Processus appellent à une réforme, l'ambassadeur sud-africain Welile Nhlapo, dont le pays assure la présidence tournante en 2013 avant la Chine l'an prochain, a répondu qu'il ne fallait pas charger la barque.

"Nous devons savoir reconnaître les limites et le rôle du Processus de Kimberley, ou bien nous risquons de trop charger la barque", a-t-il déclaré dans un discours à l'ouverture de la réunion, qui doit durer jusqu'à vendredi à Johannesburg.

"Le Processus de Kimberley a été créé dans un but précis, mais pas pour mettre fin aux conflits ou aux atteintes aux droits de l'homme", a-t-il ajouté, en renvoyant aux autres mécanismes existants à l'ONU pour ça.

Il en va selon lui de "la crédibilité et de l'existence même" de cette "initiative unique" lancée il y a dix ans, et qui regroupe 80 pays tenus de mettre en oeuvre des contrôles de leurs importations et de leurs exportations de diamants.

Plusieurs observateurs remarquent que l'industrie du diamant, relativement opaque, reste confrontée à "un défi éthique" et, en juin, une vingtaine d'ONG se sont unies pour appeler le Processus à "se réformer de manière urgente et substantielle".

Elles demandent une nouvelle définition de la notion de "diamants du sang" ou "diamants du conflit" et veulent assurer aux consommateurs que les diamants non seulement ne servent pas à déstabiliser des gouvernements ou financer des coups d'Etat, mais que leur extraction est exemptes d'atteintes aux droits de l'homme.

Fin 2011, l'association Global Witness, qui avait pour la première fois exposé le problème des "diamants du sang" en 1998, a claqué la porte pour dénoncer la complaisance selon elle du Processus de Kimberley envers le Zimbabwe.

"Les autres sont restées avec le prudent espoir que cela change", a souligné mardi Shamiso Mtisi, au nom des ONG, en réitérant les appels de la société civile à plus de transparence."Les gens veulent savoir où va l'argent" des diamants, a lancé ce militant zimbabwéen. 

Les diamants du Zimbabwe doivent faire leur grand retour sur la place belge d'Anvers "la deuxième semaine de décembre", a-t-on appris auprès de la délégation zimbabwéenne.