Exécutions de civils au Niger: le rapport d'enquête "transmis" à la justice

5 septembre 2020 à 17h39 par AFP

AFRICA RADIO

Le ministre nigérien de la Défense a affirmé samedi avoir transmis à la justice le rapport de la Commission nationale des droits de l'Homme (CNDH) sur des exécutions de dizaines de civils par des soldats dans la région de Tillabéri (ouest).

"Nous avons transmis le rapport aux juridictions compétentes", a assuré à l'AFP le ministre de la Défense Issoufou Katambé, sans plus de précisions sur la nature de la juridiction.Selon le rapport d'enquête de la CNDH rendu public vendredi, des soldats nigériens engagés dans la lutte contre les jihadistes sont "responsables d'exécutions sommaires" de dizaines de civils dans la région de Tillabéri, proche du Mali.Cette région est en proie à des attaques jihadistes ayant coûté la vie à des centaines de soldats. Beaucoup ont été revendiquées par le groupe Etat islamique (EI).Le rapport "produit en un exemplaire unique" a été remis fin juillet au président Mahamadou Issoufou qui l'a "transféré au ministère de la Défense" qui l'a "versé dans une instruction judiciaire", selon les enquêteurs. Les enquêteurs ont retrouvé plus de 70 corps dans six fosses communes, "tous les mains attachées dans le dos, le turban sur le cou avec des impacts de balles", a indiqué vendredi à la presse Alichina Amadou Koulguéni, secrétaire général de la CNDH."Ce n'est pas l'ensemble des corps constitués de l'armée qui a fait ça, c'est quelques groupuscules", a estimé le responsable de la CNDH, un organe public composé de représentants du gouvernement, du Parlement, d'ONG, de syndicats et de juristes."C'est quelque chose qui nous a beaucoup indignés, c'est trop triste. Il faudrait qu'on identifie les auteurs de ces actes et qu'ils punis conformément à la loi", a réagi dans une déclaration à l'AFP Adamou Oumarou Mamar, coordonnateur d'un Collectif de la société civile de Tillabéri.Selon lui, ces tueries risquent "d'entacher une bonne collaboration entre civils et militaires pour pouvoir faire face aux jihadistes". "Il appartient à la justice de déterminer les auteurs, co-auteurs et complices de ces actes lâches et ignobles", a souligné Maman Kaka Touda, un responsable de l'ONG Alternative espace citoyen (AEC).