Gabon: une télévision et un journal d'opposition suspendus

Par La rédaction

LIBREVILLE (AFP) - (AFP)

Le journal "Echos du nord" et la télévision gabonaise de l'opposant André Mba Obame, "TV+", ont été suspendus temporairement, après avoir diffusé les "voeux à la nation" de l'opposant qui s'était autoproclamé président en janvier 2011, rapporte la presse mercredi.

Selon un communiqué du Conseil national de la communication (CNC), "le conseil a décidé du retrait provisoire de l'autorisation d'émettre de la chaîne de télévision TV+ pour une durée de trois mois et l'interdiction provisoire de paraître de deux mois à l'encontre du journal Echos du nord".

Selon le texte, ces diffusions sont "de nature à porter atteinte à l'ordre public".

TV+ avait émis les voeux d'André Mba Obame, dit "AMO", le 1er janvier, et Echos du nord le 2 janvier.

Selon le CNC, "une cérémonie de présentation de voeux au peuple gabonais est un acte républicain qui ne peut être posé que par (...) le chef de l'Etat".

"Le CNC rappelle que TV+ est coutumier du fait.(...) le 25 janvier 2011, cette chaîne avait diffusé en direct la +prestation+ de serment de M. André Mba Obame", qui revendique la victoire à la présidentielle de 2009 remportée par Ali Bongo Ondimba, qu'il accuse d'avoir commis un "coup d'Etat électoral".

Cette auto proclamation avait été suivie de la dissolution de son parti, l'Union nationale (UN), en janvier 2011 par les autorités.

Dans ses voeux, M. Mba Obame est revenu sur les élections de 2009, affirmant "vous (les Gabonais) m'avez clairement et librement désigné pour diriger notre pays (...) La libération de notre pays est proche".

"Nous subissons tous la confiscation des médias d'Etat par un seul clan (...) et le sabotage des médias privés pour empêcher que la vérité n'éclate", a notamment déclaré l'opposant.

Durant les législatives de décembre, TV+ avait cessé d'émettre suite à un "sabotage" selon son directeur Franck Nguema, alors que durant les élections de 2009, l'émetteur de la station avait été mitraillé dans des conditions encore non élucidées.

Mercredi lors de la cérémonie des voeux de Nouvel an à divers organismes publics dont le Conseil national de la Communication (CNC), le président Bongo a demandé plus de fermeté au CNC: "Au regard de nombreux dérapages quotidiens dont une certaine presse s'est fait la spécialité depuis plusieurs mois, il est permis de s'interroger: pourquoi l'organe régulateur n'est-il pas en mesure d'appliquer les textes en vigueur?Si (...) je reste attaché à l'exercice de la liberté d'expression, j'en appelle toutefois à une action plus vigoureuse (...) face aux errements constatées".