L'armée américaine salue "le leadership" français au Sahel

17 septembre 2020 à 11h37 par AFP

AFRICA RADIO

Le chef des forces américaines en Afrique, le général Stephen Townsend, a salué jeudi le rôle central de la France au Sahel, alors que Washington tarde à clarifier sa stratégie à terme dans la région.

"La France est le plus ancien allié des Etats-Unis et un leader dans la lutte antiterroriste en Afrique", a déclaré l'officier dans un communiqué, après un déjeuner mercredi avec le chef d'état-major des armées françaises (CEMA), le général François Lecointre. "Nous partageons des menaces communes, des préoccupations mutuelles et l'engagement de combattre les organisations extrémistes violentes", a-t-il ajouté. "Le maintien du leadership français et le soutien accru de ses voisins européens sont essentiels pour aider les Africains à changer de trajectoire et empêcher la propagation de la violence en Afrique de l'Ouest".Sur son site, le ministère français des Armées a confirmé la rencontre. "La situation au Sahel a été abordée. Le CEMA et ses invités ont également évoqué le soutien apporté par les Etats-Unis aux opérations françaises menées actuellement en zone sahélienne et la nécessaire mobilisation des pays européens pour lutter contre la menace terroriste dans la zone", a relevé le ministère.En juin, Paris avait revendiqué avoir abattu l'émir d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l'Algérien Abdelmalek Droukdal, figure du jihadisme dans la région depuis 20 ans. Les deux pays avaient admis le rôle central des Américains dans l'opération."La collecte de renseignements américains a contribué à faciliter la mission", a rappelé jeudi le général Townsend. "Ce qui se passe en Afrique de l'Ouest affecte l'Afrique, l'Europe et l'Amérique", a-t-il fait valoir. Mais le Pentagone a ouvertement envisagé, début 2020, de réduire drastiquement la voilure en Afrique de l'Ouest. Or, Washington fournit aux 5.100 soldats français de l'opération Barkhane des capacités cruciales de renseignement et de surveillance, notamment grâce à ses drones, du ravitaillement en vol et du transport logistique pour un coût de 45 millions de dollars par an.Les hauts responsables français soulignent régulièrement l'écart entre la bonne coopération opérationnelle bilatérale et l'imprévisibilité du président américain Donald Trump, plus encore en cette année électorale aux Etats-Unis."Il n'y a pas d'indication aujourd'hui que la coopération avec Barkhane pourrait s'interrompre. Il n'y a pas de changement au niveau de l'engagement militaire", soulignait-on au début du mois au ministère des Armées.L'état-major, pour sa part, restait plus prudent. "Rien n'a été acté dans un sens ni dans l'autre", a indiqué à l'AFP jeudi une source militaire.