L'Egypte accuse l'Armée de l'Islam de l'attentat d'Alexandrie, le groupe dément

Par La rédaction

LE CAIRE (AFP)

Le ministre égyptien de l'Intérieur Habib al-Adli a accusé dimanche un groupe radical palestinien, l'Armée de l'Islam, d'être responsable de l'attentat contre une église copte à Alexandrie, qui a coûté la vie à plus 20 personnes dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.

L'Armée de l'Islam a a aussitôt démenti à Gaza toute participation dans l'attentat, par la voix d'un porte-parole.

Le ministre Adli a affirmé que "Le groupe palestinien de l'Armée de l'Islam, lié à Al-Qaïda, est derrière l'attentat contre l'église des Saints à Alexandrie" (nord), dans un discours diffusé par la télévision d'Etat, à l'occasion de la journée de la police.

L'agence officielle égyptienne Mena a donné un bilan de 23 morts, contre 21 auparavant, pour cet attentat qui n'a pas encore été formellement revendiqué.

Le ministre pour sa part n'a pas donné de précisions sur l'enquête et les éléments qui ont conduit à incriminer ce groupe.

Les autorités avaient indiqué que cet attentat aurait été commis par un inconnu porteur d'une charge explosive, qu'il aurait actionnée devant l'église des Saints au moment où les fidèles commençaient à sortir, après la messe du Nouvel an.

Le président Hosni Moubarak avait de son côté assuré que des "mains étrangères" étaient derrière cet attentat commis deux mois après des menaces contre les chrétiens d'Egypte lancées par une branche irakienne d'al-Qaïda.

Les Coptes, en majorité orthodoxes avec une minorité catholique, représentent 6 à 10% des quelque 80 millions d'Egyptiens, en grande majorité sunnites.

Cet attentat a relancé les inquiétudes de cette minorité qui s'estime victime de discriminations.La sécurité avait été fortement renforcée autour des églises à l'occasion du Noël orthodoxe, célébré le 7 janvier.

Il avait été suivi quelques jours plus tard par une fusillade dans un train contre un groupe de passagers coptes, qui avait fait un mort.Les autorités ont démenti que le meurtrier, un policier, ait agi pour des motifs confessionnels.

L'attentat d'Alexandrie, condamné à travers le monde a relancé les appels, particulièrement dans les pays occidentaux et au Vatican, pour un renforcement de la sécurité des chrétiens d'Orient, dont les Coptes d'Egypte constituent la plus importante communauté.

Les autorités égyptiennes de leur côté ont affirmé que cet attentat visait à porter atteinte à "l'unité nationale" égyptienne, chrétiens et musulmans confondus, et rejeté toute intervention extérieure en faveur des Coptes comme une "ingérence inacceptable".

L'Egypte a rappelé pour consultations son ambassadeur au Vatican à la suite de propos du pape Benoît XVI sur la protection des chrétiens d'Orient.La grande institution sunnite d'Al-Azhar, qui siège au Caire, a de son côté suspendu son dialogue avec le Saint-Siège.