Législatives au Congo: le pouvoir assuré de conserver la majorité

5 août 2012 à 12h08 par La rédaction


BRAZZAVILLE (AFP) - (AFP)

 Les Congolais votaient dimanche pour le second tour des législatives où le Parti congolais du travail (PCT) du président Denis Sassou Nguesso est assuré de conserver la majorité mais que l'opposition a menacé de bloquer si des fraudes se produisaient.

Les bureaux de vote devaient ouvrir à 06h00 GMT et fermer à 17h00 GMT.Mais comme au premier tour, le 15 juillet, les opérations ont commencé avec retard en plusieurs endroits bien que la Commission d'organisation des élections (Conel) eut promis une ouverture "synchronisée" des bureaux à l'heure prévue.

Dans la capitale Brazzaville, le retard était du à l'absence de matériel électoral: urnes, isoloirs, bulletins, encre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Il reste 67 sièges à pourvoir sur les 136 que comptera l'Assemblée nationale et le pouvoir parait assuré d'une majorité absolue.Le PCT, ancien parti unique et au pouvoir depuis 1997, a engrangé 57 des 69 candidats élus au premier tour et compte une quarantaine de candidats en ballotage.

La majorité présidentielle dispose d'une réserve de voix avec le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI, 9 candidats en ballotage) et une trentaine d'indépendants jugés proches du pouvoir toujours en lice.

L'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) -premier parti d'opposition avec 11 députés sortants, et 16 candidats en ballotage- dit avoir constaté plusieurs irrégularités au premier tour et a menacé de bloquer le scrutin en cas de nouvelles "fraudes".

"Pour l'heure, on n'a rien constaté" d'irrégulier, a déclaré à l'AFP Gaspard Kaya Magane, un des vice-présidents de l'UPADS, soulignant que la menace de blocage restait d'actualité.

"Les choses se passent plutôt bien.Tout le monde (représentants des candidats et policiers) veillent pour parer à toute tentative de fraude", a dit à l'AFP Kevin Mviri, de la Coordination d'appui au processus électoral (Cape), qui se trouvait dans la deuxième circonscription de Gamboma (centre du Congo).

Les observateurs de l'Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) avaient relevé plus de "points faibles" que de "points forts" dans l'organisation du scrutin du 15 juillet, où des incidents ont fait trois blessés, dont un par balle.

"Cette fois-ci, le vote a commencé un peu à l'heure.Pour l'instant, nous n'avons pas relevé d'incidents majeurs", a déclaré à l'AFP Guy Ndognou, observateur électoral pour la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac).

Reconnaissant des "problèmes mineurs" d'organisation, Henri Bouka, président de la Conel, a constaté que "les électeurs ont commencé tôt à voter" par rapport au premier tour.

"On s'attend à ce qu'il y ait plus d'électeurs car il y a des fidèles qui sont à l'église", a-t-il ajouté.

En milieu de matinée, l'affluence était faible et des jeunes en âge de voter jouaient au football ou faisaient leur jogging, a observé un journaliste de l'AFP.

Au premier tour, aucun taux de participation officiel n'a été publié mais l'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH) l'estime à 15% seulement.

La nouvelle Assemblée nationale comptera moins d'élus que les 139 prévus à l'origine, car trois circonscriptions de Brazzaville n'ont pu voter faute de révision des listes électorales après l'explosion début mars d'un dépôt de munitions.

La catastrophe a fait près de 300 morts et 17.000 sans abris, dont près de la moitié vit dans des camps de fortune.