Libye: des militaires de la rébellion à Paris pour obtenir davantage d'aide

Par La rédaction

PARIS (AFP) - (AFP)

Plusieurs chefs militaires rebelles de la ville libyenne de Misrata ont réclamé mercredi au président Nicolas Sarkozy davantage d'aide de la France pour conquérir Tripoli, assurant être en mesure de faire tomber le bastion de Mouammar Kadhafi.

"Les commandants insurgés sont venus expliquer au chef de l'Etat que les clés de Tripoli sont à Misrata parce que les combattants de Misrata sont disciplinés, aguerris et qu'ils ont avec eux un atout: une victoire militaire déjà obtenue" face aux forces fidèles à Mouammar Kadhafi, a déclaré à l'AFP l'écrivain Bernard-Henri Lévy, à l'issue de la rencontre.

En pointe pour sensibiliser les autorités françaises à la cause de la rébellion, le philosophe, qui vient d'effectuer son quatrième voyage en Libye depuis le début du conflit, a assisté aux entretiens organisés à la présidence de la République pour le général Ramadan Zarmuh, le colonel Ahmed Hashem et le colonel Brahim Betal Mal.

Ils étaient accompagnés par un représentant politique de la ville de Misrata au sein du Conseil national de transition (CNT), l'organe représentatif de la rébellion libyenne.

Au côté du président Nicolas Sarkozy était notamment présent le principal conseiller militaire du chef de l'Etat, le général Benoît Puga, ex-directeur du renseignement militaire français.

Selon une source proche de la délégation des rebelles libyens, les discussions se sont prolongées dans la matinée à Paris entre les chefs des insurgés de Misrata et des responsables militaires français.

Selon cette source, les rebelles de Misrata espèrent obtenir de la France une aide équivalente à celle apportée par Paris à ceux du Djebel Nafoussa, la région située au sud-ouest de Tripoli.La France avait reconnu fin juin avoir livré des armes à ces rebelles pour les aider à se défendre contre les forces loyalistes.

Devant les journalistes à la sortie de l'Elysée, Bernard-Henri Lévy a plaidé pour une "coordination tactique avec l'Otan plus efficace qu'elle ne l'est aujourd'hui" et pour la nécessité de convaincre des pays arabes amis d'aider les rebelles, "de leur livrer ce dont ils ont besoin pour faire face aux colonnes infernales dont dispose encore Kadhafi".

Misrata, située à 200 km à l'est de Tripoli, est contrôlée par les rebelles depuis la mi-mai, après avoir subi pendant deux mois le siège des pro-Kadhafi.

Premier pays à avoir reconnu la légitimité du CNT, la France est aussi depuis le 19 mars le fer de lance de la coalition conduite par l'Otan et qui est intervenue par des bombardements aériens pour empêcher la reconquête par Mouammar Kadhafi des territoires tombés aux mains des rebelles.

En recevant les commandants de la rébellion de Misrata, la France manifeste une nouvelle fois son engagement militaire au côté de la rébellion contre Mouammar Kadhafi, dont elle réclame le départ à l'instar des autres pays occidentaux.

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a réitéré mercredi cet appel à quitter le pouvoir, sans exclure cependant que le dirigeant libyen puisse rester dans son pays.

"L'une des hypothèses envisagées, c'est qu'il séjourne en Libye, mais à une condition, c'est que très clairement il se mette à l'écart de la vie politique libyenne.C'est ce que nous attendons avant de déclencher le processus politique du cessez-le-feu", a déclaré Alain Juppé sur la chaîne LCI.

"Le cessez-le-feu passe par l'engagement formel et clair de Kadhafi à renoncer à ses responsabilités civiles et militaires", a-t-il ajouté.

Le ministre de la Défense Gérard Longuet, commentant l'offensive des rebelles sur le site pétrolier de Brega, a estimé de son côté que Mouammar Kadhafi était "en train de perdre le contrôle de l'énergie".