Libye: les rebelles attaquent Brega et maintiennent la pression dans l'Ouest

Par La rédaction

BENGHAZI (Libye) (AFP) - (AFP)

Les rebelles libyens tentaient lundi de pénétrer plus avant dans le port pétrolier stratégique de Brega, dans l'Est de la Libye, tout en maintenant la pression dans l'Ouest, où ils cherchent à s'ouvrir la route de la capitale Tripoli.

La bataille pour la prise de Brega est entrée dans une nouvelle phase dimanche, "quelques petits groupes" ayant réussi à faire une incursion dans un quartier d'habitation."Mais nous ne contrôlons pas encore toute" la ville, a déclaré Mohammed Zawi, un porte-parole des insurgés à Benghazi, la "capitale" de la rébellion, dans l'Est.

"Il s'agit maintenant de combats rapprochés" dans ce quartier du nord-est de Brega, a-t-il ajouté, précisant que les forces en présence faisaient désormais usage de mitrailleuses, plus adaptées à ce terrain.

L'Otan a pour sa part annoncé lundi que ses avions avaient touché dimanche onze véhicules militaires et un centre de contrôle dans les environs de cette cité portuaire tenue depuis avril par les soldats pro-Kadhafi, à 800 km à l'est de Tripoli et à 240 km au sud-ouest de Benghazi.

Environ 3.000 hommes fidèles au colonel Kadhafi sont présents dans le centre-ville, d'après les insurgés, qui ont déclenché jeudi soir une offensive par le sud, le nord et l'est de Brega.Ces combats ont fait au moins 15 morts et 274 blessés parmi les rebelles.

Leur progression a été ralentie par des centaines de mines et la découverte samedi de tranchées défensives creusées autour de la localité et remplies de produits inflammables.

S'emparer de Brega sans que n'y soient causés de dommages majeurs aux infrastructures représenterait pour les insurgés une victoire majeure car cela leur permettrait de s'approvisionner en carburant et de relancer les exportations de pétrole, quasiment à l'arrêt.

Le groupe de contact réuni vendredi à Istanbul a en effet reconnu le Conseil national de transition (CNT), la représentation politique de la rébellion, en tant qu'"autorité gouvernementale légitime" en Libye, lui permettant de lier des relations économiques avec l'étranger.

La Russie a à cet égard fait clairement savoir lundi qu'elle n'avait pas l'intention de suivre les puissances mondiales et régionales membres de ce groupe: "S'il s'agit de reconnaître le CNT en tant que seul représentant du peuple libyen, nous ne partageons pas cette position", a ainsi déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Tandis que le colonel Kadhafi a prévenu samedi les insurgés : "Le peuple libyen est prêt à mourir pour défendre son pétrole et il ne laissera jamais cette richesse aux mains d'une bande de traîtres inféodée à l'Otan".

Dans l'Ouest, au moins 23 rebelles ont été blessés dans la nuit de dimanche à lundi dans des combats contre les troupes de Mouammar Kadhafi à une vingtaine de kilomètres de Misrata, enclave rebelle située à 200 km à l'est de Tripoli, selon un communiqué de la rébellion.

"Nous avons réussi à repousser les forces loyalistes, qui ont perdu de nombreux combattants et abandonné beaucoup de véhicules militaires, d'armes et de munitions", assure le communiqué.

En outre, les insurgés ont affirmé que les hommes du colonel Kadhafi avaient bombardé leurs positions à quelques kilomètres du centre-ville de Zliten (ouest), leur prochaine cible à 150 km à l'est de Tripoli.

Parallèlement, l'Otan a annoncé avoir bombardé lundi une antenne radar du principal aéroport de la capitale, utilisée auparavant pour le contrôle aérien civil, mais dont l'armée se servait pour suivre les avions alliés.

Au sud-ouest de Tripoli, l'heure était encore à la consolidation des positions, après de brusques avancées au début du mois.

Les troupes loyalistes ont tiré lundi à l'aube des roquettes sur les positions des rebelles à Goualich, un hameau dans les montagnes, et à Bir Ayad, dans une vallée proche, a-t-on annoncé au conseil militaire des insurgés.

De leur côté, les insurgés ont tiré au moins deux roquettes en direction des unités fidèles au régime qui protègent Al-Assabaa, ville stratégique à 80 km au sud de la capitale où les forces de Mouammar Kadhafi se sont retranchées le 13 juillet à l'issue d'intenses combats, a constaté l'AFP.

"Le plus important, c'est de garder les territoires que nous avons conquis, de sécuriser avant d'attaquer.Nous ne laisserons pas les forces de Kadhafi reprendre les places que nous avons prises", a confié dimanche à l'AFP le général Mokhtar Farnana, commandant des rebelles pour la région.