Madagascar: l'ancien président Ravalomanana annonce son retour d'exil

Par La rédaction

ANTANANARIVO (AFP) - (AFP)

L'ancien président malgache Marc Ravalomanana a annoncé mercredi par téléphone à des partisans son retour d'exil pour samedi, mais son entourage a immédiatement jugé que cette date était prématurée, évoquant plutôt la semaine prochaine.

"Je serai de retour samedi", a déclaré en malgache M. Ravalomanana, qui vit en exil en Afrique du Sud depuis son éviction de la présidence par Andry Rajoelina en 2009.

"Samedi...C'était le plan initial, mais il ne va pas revenir samedi", a contredit son porte-parole Patrick Gearing, joint par l'AFP à Johannesburg.

"Samedi est prématuré (...) Il y a encore un certain nombre de choses à régler, c'est pourquoi je n'ai encore rien annoncé formellement, mais nous envisageons de le mettre dans un avion la semaine prochaine.(...) Il semble probable qu'il sera de retour la semaine prochaine", a ajouté M. Gearing.

Marc Ravalomanana avait déjà plusieurs fois annoncé un retour imminent sans pour autant le concrétiser.Il avait notamment été bloqué à l'aéroport de Johannesburg le 19 février 2011 par un ordre de l'aviation civile malgache.

L'annonce de son retour a été accueillie avec ferveur par plus d'un millier de partisans, qui continuent de se réunir trois fois par semaine sur le site dévasté d'une ancienne société de M. Ravalomanana, en plein centre de la capitale Antananarivo.

Alors que le pays traverse une grave crise depuis trois ans, les partis politiques malgaches, dont celui de M. Ravalomanana, ont signé en septembre dernier une feuille de route visant à rétablir l'ordre constitutionnel.

Elle stipule dans son article 20 que les autorités devront permettre à "tous les citoyens malgaches en exil pour des raisons politiques de rentrer à Madagascar sans conditions, y compris M. Ravalomanana".

Une "note explicative" a cependant été ajoutée au texte pour préciser que "sans conditions" ne suggère et n'implique pas "une exonération de poursuites judiciaires", et que la Communauté de développement d'Afrique Australe (SADC), qui a dirigé la médiation entre les parties malgaches, "n'a pas le pouvoir de s'ingérer ou d'annuler quelque condamnation judiciaire" que ce soit.

Or, Marc Ravalomanana a été condamné à trois reprises par contumace depuis qu'il a quitté le pouvoir, dont à une peine de travaux forcés à perpétuité pour la mort d'une trentaine de manifestants devant le palais présidentiel le 7 février 2009.

Alors que les autorités malgaches ont plusieurs fois émis un notam (messages aux navigants, destiné aux compagnies aériennes) pour empêcher le retour de l'ancien président ces derniers mois, aucune mesure administrative n'est actuellement en cours.

Didier Ratsiraka, un autre ancien président malgache en exil depuis 2002, avait pu revenir au pays sans être inquiété en novembre, malgré deux condamnations prononcées contre lui en 2003.

Il est depuis retourné en France.